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Maisons de l'emploi

Définition et cahier des charges
Constitution et fonctionnement
Missions
Accompagnement des demandeurs d'emploi créateurs d'entreprises
Labellisation des maisons de l'emploi
       La commission de labellisation des maisons de l'emploi
       Mai 2005 : "créer 300 maisons de l'emploi d'ici 5 ans"
       2 octobre 2007 : la fusion programmée de l'ANPE et de l'Unédic entraîne l'arrêt des labellisations des maisons de l'emploi
       10 janvier 2008 : remise du rapport intermédiaire de la mission d'évaluation des maisons de l'emploi



Maisons de l'emploi
Définition et cahier des charges

Les maisons de l'emploi, structures inspirées par le modèle anglo-saxon des "job centers", ont été lancées en 1997. Elles visent à réunir et à mutualiser sous un même toit l'action des organismes publics et privés de service aux demandeurs d'emploi (art. L. 311-10 modifié du Code du travail définissant les maisons de l'emploi). De mai 2005 à février 2007, 227 maisons de l'emploi, pour la plupart créées et financées par les communes et les intercommunalités, ont été labellisées par l'Etat. Mais depuis fin 2007, la pérennité des maisons de l'emploi est remise en cause en raison de la fusion programmée de l'ANPE et de l'Unédic, ce qui a conduit au gel temporaire des labellisations.

L'une des mesures phares de la Loi de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005 prévoit de généraliser ces structures en leur donnant la possibilité de recevoir des aides d'État, à condition de répondre à un cahier des charges particulier (décret n° 2005-259 du 22 mars 2005 fixant les modalités d'attribution de l'aide de l'État aux maisons de l'emploi).

Extraits du cahier des charges des maisons de l'emploi  (arrêté du 7 avril 2005 portant cahier des charges des maisons de l'emploi) :
  • "La maison de l'emploi a pour objectifs d'associer les collectivités territoriales, de fédérer l'action des partenaires publics et privés et d'ancrer le service public de l'emploi dans les territoires" ;
  • "La maison de l'emploi assure la convergence des politiques publiques de l'emploi et de la formation professionnelle dans le cadre d'un diagnostic, d'une stratégie et d'un plan d'actions partagés, adaptés au développement économique et social du territoire" ;
  • "La maison de l'emploi est fondée sur l'adhésion de chacun des acteurs concernés qui apportent les moyens appropriés au projet. Elle respecte l'identité de chaque partenaire, reconnaît leur responsabilité commune et les rassemble dans l'action".

Constitution et fonctionnement

La constitution des maisons de l'emploi peut se faire soit sur initiative locale, soit le cas échéant à partir d'une structure existante. Le cahier des charges précise plusieurs exigences quant au fonctionnement des maisons de l'emploi :
  • Association obligatoire avec (en tant que membres constitutifs) l'État, l'ANPE, l'Assedic et les collectivités territoriales (conseil régional, conseil général, intercommunalités et - en l'absence d'intercommunalités compétentes - les communes) ;
  • Association recommandée avec les acteurs locaux de la politique de l'emploi et de la formation professionnelle : Association nationale pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), organismes consulaires, partenaires sociaux, réseaux d'entreprises (groupements d'employeurs, comités de bassin d'emploi...), Agence pour l'emploi des cadres (Apec), organismes d'observation du marché de l'emploi local et des besoins en formation, organismes d'aide à l'insertion professionnelle, et enfin services et instances de développement économique et d'appui à la création d'activité (conseil de développement, agences de développement économique, comités d'expansion...)
  • Adhésion à une Charte nationale qui engage les maisons de l'emploi sur le respect du cahier des charges, mais aussi sur l'offre de service des partenaires qu'elles hébergent, sur l'obligation collective de résultat ainsi que sur un engagement qualité.
 (Source : préfecture de Picardie).


Missions

La mise en place des maisons de l'emploi a pour objectif d'améliorer la qualité du service public de l'emploi, en proposant aux usagers un guichet unique et en recensant les besoins locaux. Les maisons de l'emploi "doivent agir obligatoirement dans les trois domaines d'intervention suivants" (extrait de l'arrêté du 7 avril 2005) :
  • Observation, anticipation et adaptation au territoire. "Il s'agit de développer un diagnostic et une stratégie locale par l'analyse du marché du travail et des potentialités du territoire afin d'anticiper les besoins des entreprises et des organismes publics par des formations et des actions adaptées" ;
  • Accès et retour à l'emploi. "Il s'agit d'améliorer l'accueil, l'information, l'accompagnement individualisé et le reclassement des personnes sans emploi ou salariés dans un parcours professionnel en optimisant la complémentarité de l'offre de services des partenaires" ;
  • Développement de l'emploi et création d'entreprise. "Il s'agit d'anticiper et d'accompagner les mutations économiques et les restructurations des territoires en développant la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences et en contribuant au maintien et à la création d'activités".

Accompagnement des demandeurs d'emploi créateurs d'entreprises

Le développement de l'emploi et l'accompagnement de la création et de la reprise d'entreprises est une mission nouvelle des maisons de l'emploi. Les maisons pourront, dans ce cadre, réunir par convention tripartite un demandeur d'emploi et un contribuable souhaitant l'aider financièrement dans sa démarche de création ou de reprise. En contrepartie, ce dernier pourra bénéficier d'une réduction d'impôt d'un montant forfaitaire de 1 000 €.


Labellisation des maisons de l'emploi

La commission de labellisation des maisons de l'emploi
Afin que les projets de maisons de l'emploi présentés par les acteurs locaux puissent être cofinancés par l'État, les collectivités territoriales candidates doivent présenter leurs dossiers à la Commission nationale des maisons de l'emploi, ou "commission de labellisation". Cette instance est composée de représentants de l'État, des collectivités territoriales, de l'Unédic, de l'Afpa, de l'ANPE, des chambres de métiers et des chambres de commerce et d'industrie. Le cofinancement de l'État est renouvelable annuellement dans la limite de 4 ans. Par ailleurs, l'État ne peut contribuer qu'à hauteur de 30 % au financement d'une maison de l'emploi.

Mai 2005 : "créer 300 maisons de l'emploi d'ici 5 ans"
L'objectif défini en 2005 par le ministre de l'Emploi, du Travail et de la Cohésion sociale, M. Jean-Louis Borloo, est de créer "300 maisons de l'emploi d'ici 5 ans, soit une environ par bassin d'emploi". L'étude des premières candidatures par la commission nationale de labellisation a débuté en mai 2005. En février 2007, on comptait 227 maisons de l'emploi labellisées par cette commission. Cependant, une fois labellisées, les structures doivent encore voir le jour suite à leur labellisation, et les conventions permettant de financer leur mise en place (entre État et collectivités) peuvent prendre du temps. Pour assurer le développement des premières maisons de l'emploi labellisées, il était prévu de débourser 128,5 M€ en 2006, mais les retards pris dans la mise en place des conventions des maisons de l'emploi ont conduit l'État à redéployer en partie cette somme en juin 2006.

2 octobre 2007 : la fusion programmée de l'ANPE et de l'Unédic entraîne l'arrêt des labellisations des maisons de l'emploi
La fusion de l'ANPE (Agence nationale pour l'emploi) et de l'UNEDIC, annoncée pour 2008, a entraîné "le gel de 150 projets de maisons de l'emploi qui ne sont pas encore en fonctionnement". La remise à plat de l'organisation de l'accueil des demandeurs d'emploi sur le territoire implique en effet une "suspension" du développement des maisons de l'emploi, "celles qui existent déjà n'étant pas remises en cause", selon la déclaration de Mme Christine Lagarde, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi lors de son audition le 2 octobre 2007 devant la commission des Affaires sociales de l'Assemblée nationale sur la fusion ANPE/UNEDIC.

10 janvier 2008 : remise du rapport intermédiaire de la mission d'évaluation des maisons de l'emploi
Jean-Paul Anciaux, député et président de la commission nationale de labellisation des maisons de l'emploi, a remis le 10 janvier 2008 à Christine Lagarde, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Emploi, son rapport intermédiaire sur les maisons de l'emploi. Suite à l'audition d'une première série d'acteurs, une première série de propositions sont émises dans ce rapport concernant "les sujets qui font débat" :
  • L'échelle du bassin d'emploi "ne semble pas suffisamment pertinente et précise" pour définir le périmètre de référence de la maison de l'emploi. L'élaboration du nouveau cahier des charges devra préciser un nouveau périmètre "afin d'atteindre progressivement la couverture de la totalité du territoire national" ;
  • Mise en place d'une structure d'animation nationale : "L'État doit rechercher l'appui d'une structure capable d'animer le réseau des maisons de l'emploi et de les accompagner dans un processus permanent d'amélioration de la qualité du partenariat et du management du projet" ;
  • Fusion des MDE avec les missions locales pour l'emploi et les PLIE (Plan Local Insertion Emploi) : "le nécessaire rapprochement de ces outils territoriaux avec les maisons de l'emploi doit être réaffirmé dans le futur cahier des charges" ;
  • Délégation aux MDE de la gestion des subventions issues du Fonds social européen (FSE), afin de leur permettre "de gérer une subvention globale et d'assumer la responsabilité du cofinancement communautaire d'actions de proximité" ;
  • Poursuite de la labellisation au niveau national, mais déconcentration du conventionnement des MDE au niveau des DRTEFP, "à envisager en 2009".



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Mise à jour : 21 avril 2008

 
 

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