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Fonds National de Revitalisation des Territoires (FNRT)

Présentation et objectifs du Fonds national de revitalisation des territoires

La politique française de revitalisation des territoires
       Apparition d'un nouveau type de restructuration
       Mise en place d'une véritable politique d'anticipation des mutations économiques
       Création de nouveaux organismes d'accompagnement

Le Fonds national de revitalisation des territoires, un nouvel accompagnement des opérations de restructuration
        Extension de la politique de redynamisation des territoires aux PME
        Création du Fonds de restructuration de la Défense (FRED)
        Renforcement progressif de l'appareil législatif accompagnant les opérations de restructuration

Carte des zones éligibles au Fonds national de revitalisation des territoires (FNRT)
       
Financement du Fonds national de revitalisation des territoires
        Montant de dotation global
        Répartition des montants de dotation par territoire

Gestion du Fonds national de revitalisation des territoires
       Procédure de gestion
       Mars-juin 2009 : mise en place de commissaires à la réindustrialisation
       Février 2010 : Premier bilan de l'action des commissaires à la réindustrialisation


                                                                                                       
Présentation et objectifs du 
Fonds national de revitalisation des territoires

Le Fonds national de revitalisation des territoires (FNRT) s'inscrit dans le cadre de la politique de redynamisation des territoires, qui veut accompagner les restructurations d'entreprises et compenser les réductions d'effectifs. Ce fonds, dont la création a été annoncée en février 2008 par le Président de la République lors d'une visite de l'ancienne usine Metaleurope à Noyelles-Godault (Pas-de-Calais), prend la forme de prêts sans garantie et propose également, de manière plus aléatoire, des mesures d'assistance technique. Il a pour principal objectif de soutenir le développement des PME implantées sur des territoires en difficulté, non couverts par des dispositifs de revitalisation classiques.

Pour plus d'informations sur les dispositifs de revitalisation dits classiques, consulter les dossiers de la Bibliothèque électronique de l'Observatoire des aides aux entreprises, consacrés aux zones franches urbaines (ZFU), aux zones de redynamisation urbaine (ZRU), aux zones de revitalisation rurale (ZRR) et aux zones urbaines sensibles (ZUS).




La politique française de revitalisation des territoires


Apparition d'un nouveau type de restructuration

Les restructurations actuelles sont plus fréquentes et concernent tous les bassins et secteurs d'activités, contrairement aux restructurations sectorielles et massives des années 1970 à 1990, qui touchaient essentiellement de grandes entreprises publiques en crise. Plus difficiles à anticiper, les restructurations sont aujourd'hui souvent le fruit d'une stratégie offensive de l'entreprise pour soutenir sa compétitivité dans un environnement de plus en plus concurrentiel.


Mise en place d'une véritable politique d'anticipation des mutations économiques

Pour faire face aux nouvelles restructurations, le rôle des pouvoirs publics dans l'accompagnement des entreprises et de leurs salariés évolue également. En 2002, le rapport Viet préconise la mise en place d'une véritable politique d'anticipation des mutations économiques. Chargée d'analyser l'accompagnement des mutations économiques, la mission présidée par Claude Viet propose que soient assurées les fonctionnalités suivantes par le biais d'une approche interministérielle :
  • Veille sur les mutations économiques (observatoire et tableau de bord des mutations économiques) ;
  • Accompagnement social, et non plus seulement financier, des restructurations ;
  • Accompagnement économique via une meilleure coordination des dispositifs financiers existants, à savoir le Comité départemental d'examen des difficultés de financement des entreprises (CODEFI), le Comité interministériel de restructuration industrielle (CIRI) et le Comité régional de restructuration industrielle (CORRI) supprimé le 1er janvier 2005 ;
  • Animation du réseau
Lire le rapport de synthèse Viet sur le site de la Documentation française.
Consulter la fiche d'information consacrée au Comité département d'examen des difficultés de financement des entreprises (CODEFI) dans le Répertoire des aides aux entreprises.
Contacter les correspondants Codefi par l'annuaire mis en ligne sur le site www.entreprises.gouv.fr


Création de nouveaux organismes d'accompagnement

De nouvelles structures voient le jour pour animer et gérer les actions de revitalisation des territoires. La gestion de la politique publique de revitalisation des territoires est ainsi confiée au Comité interministériel d'aménagement et de compétitivité des territoires (CIADT), créé le 14 octobre 2005, avec pour objectif  de mieux anticiper et traiter les mutations économiques. Le CIADT s'appuie sur deux piliers :
  • le pôle interministériel d'anticipation et de prospective animé par le Ministère de l'Economie, 
  • le pôle d'accompagnement des mutations économiques animé par la Délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires (DATAR). La DATAR compte trois directions, dont l'une est explicitement en charge des plans de revitalisation.
Télécharger le communiqué de presse du 14 octobre 2005 sur le site de la DATAR.                              




Le Fonds national de revitalisation des territoires, un nouvel accompagnement des opérations de restructuration    

Certains territoires touchés par les restructurations économiques ne peuvent être aidés par les dispositifs de revitalisation existants. La création du Fonds national de revitalisation des territoires vise à pallier ce vide juridique pour compléter l'offre des pouvoirs publics en matière de revitalisation.


Extension de la politique de redynamisation des territoires aux PME                      
                                                                        
Le FNRT étend ainsi la politique de redynamisation des territoires :
  • aux PME qui ne sont pas concernées par l'article L.321-17 du Code du Travail (abrogé au 1er mai 2008), selon lequel les entreprises de plus de 1 000 salariés supprimant des postes doivent contribuer financièrement à la création d'emplois dans ces zones ;
  • aux bassins d'emploi de moindre importance, souvent délaissés par les plans de réindustrialisation, qui sont en général davantage concentrés sur de grands bassins, comme le Nord-Pas de Calais ou l'Ile-de-France.

Création du Fonds de restructuration de la Défense (FRED)

Le FNRT propose également un fonds spécifique dédié aux restructurations dans les zones de Défense, qui vient compléter le dispositif en place : le Fonds de restructuration de la Défense (FRED). Ce fonds se plie aux mêmes règles que le Fonds national de revitalisation des territoires, dont il constitue l'un des volets. Il prend la forme de prêts participatifs dont le montant pourra atteindre 1 M€ maximum, au bénéfice de PME (jusqu'à 500 emplois). Il est alimenté par la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) et pourra mobiliser également des fonds complémentaires de l'ordre de 35 M€ issus à terme des opérations du cabinet de la SOFRED.


Renforcement progressif de l'appareil législatif accompagnant les opérations de restructuration

Un appareil législatif soutient depuis 2002 la gestion des restructurations et l'accompagnement des mutations.

Mesures Description Références législatives
Obligation pour les entreprises qui licencient de contribuer financièrement à la revitalisation du bassin d'emploi concerné Les grandes entreprises (moins de 1 000 salariés) doivent verser 2 à 4 SMIC par emploi supprimé lorsqu'elles procèdent à des licenciements. Article 118 de la loi n° 2002-73 du 17 janvier 2002 de modernisation sociale (abrogé par l'art. 76 de la loi de cohésion sociale), articles L. 1233-84 à L. 1233-90 du Code du Travail
Promotion des accords d'entreprise dans les cas de restructuration
  • Des accords d'entreprise peuvent "fixer les modalités d'information et de consultation du comité d'entreprise lorsque l'employeur projette de prononcer le licenciement pour motif économique d'au moins 10 salariés sur une même période de 30 jours ;
  • Ces accords peuvent déterminer également les conditions de mise en oeuvre d'un plan de sauvegarde de l'emploi.
Loi n° 2003-6 du 3 janvier 2003 portant relance de la négociation collective en matière de licenciements économiques
Confirmation de l'obligation pour les entreprises de contribuer à revaloriser les bassins d'emploi fragilisés, mais suppression de l'obligation de contribution financière Cet article :
  • Confirme en substance le contenu de l'article 118 de la loi de modernisation sociale, mais supprime l'obligation de contribution financière ;
  • Rend possible la prescription d'une étude d'impact social et territorial ;
  • Laisse à l'appréciation du Préfet la possibilité d'étendre ce dispositif aux entreprises de moins de 1 000 salariés.
Article 76 de la loi n° 2005-32 du 18 janvier 2005, dite loi de cohésion sociale, art. L. 321-17 du Code du Travail




Carte des zones éligibles au Fonds national de revitalisation des territoires 

(Cliquez sur la carte pour voir le détail au format PDF)
© Délégation interministérielle à l'aménagement du territoire et à l'attractivité régionale
© DATAR, 22 novembre 2009



Financement du Fonds national de revitalisation des territoires


Montant de dotation global

L'essentiel des crédits accordés au FNRT serviront à accompagner 30 territoires et à soutenir plus de 50 projets qui correspondraient pour les entreprises à plus de 75 M€ de dépenses en 2009, soit déjà plus de la moitié de l'enveloppe prévue pour 3 ans.

Le Fonds national de revitalisation des territoires doit permettre, d'ici 2012, d'octroyer 135 M€ de garanties aux entreprises qui prévoient de créer ou maintenir de 10 à 500 emplois. Selon un premier bilan publié par la DATAR en février 2010, "depuis le lancement du dispositif en mai 2009, 29 Prêts de Revitalisation des Territoires (PRT) ont été accordés pour un montant global de 9,8 M€. Ces PRT ont accompagné des programmes d’investissement pour un montant total de 103,7 M€".

Le FNRT dispose, au mois de février 2010, de 72 M€ financés par l'Etat et la Caisse des Dépôts (CDC). Il sera régulièrement alimenté par des ressources de placement du Livret de développement durable à hauteur de 50 M€ par an. La garantie du Fonds est de nature budgétaire : 8 M€ par an seront alloués au FNRT sur les crédits du ministère de l'Industrie. Par ailleurs, l'obligation de revitalisation, qui varie entre 2 et 4 fois la valeur mensuelle du Smic par emploi supprimé, a permis de récolter 44 M€ en 2007 et a favorisé la création de 50 000 emplois depuis 2002. La Direction générale à l'Emploi et à la Formation professionnelle (DGEFP) gère enfin une enveloppe de 5 M€ destinés à financer l'assistance technique et l'ingénierie financière sur trois ans, dont 1 M€ pour 2009.

Allocation du fonds Sur 3 ans En 2009
Prêts sans garantie 135 M€ 5 M€
Ingénierie financière et technique 75 M€ 1 M€


Répartition des montants de dotation par territoire

Retrouvez la liste des territoires labellisés par le Comité national stratégique en 2009 et 2010 et leurs montants de dotation sur le site de la DATAR.



Gestion du Fonds national de revitalisation des territoires


Procédure de gestion du fonds

Le Fonds national de revitalisation des territoires est géré de façon déconcentrée et piloté par différents comités locaux et nationaux. Il relève de la compétence des DIRECCTE (ex-DRTEFP), qui supervise la mise en oeuvre du FNRT, en collaboration avec la commission régionale de développement (CRD). Selon la DATAR, la mise en oeuvre du FNRT se fait en trois étapes :
  • Le Préfet de département propose au Comité National de suivi du FNRT un territoire fragilisé par les restructurations, mais ne bénéficiant pas des dispositifs classiques ;
  • Le Comité National de suivi statue sur l'éligibilité du territoire et prépare une enveloppe de prêts pour le territoire éligible en fonction de l'ampleur des sinistres et du tissu économique ;
  • Le Comité de Pilotage local est alors chargé de recueillir les projets d'entreprises.
La procédure ne doit pas durer plus de deux mois, entre le moment où l'entreprise fait une demande d'éligibilité et le moment où l'administration prend sa décision.


Mars-juin 2009 : mise en place de commissaires à la réindustrialisation

Pour mieux "anticiper et éviter les plans sociaux massifs et les dépôts de bilan", neuf commissaires à la réindustrialisation seront mis en place au plus tard le 1er juin 2009 dans les régions suivantes : Rhône-Alpes, Franche-Comté, Midi-Pyrénées, Haute-Normandie, Bretagne, Champagne-Ardenne, Lorraine, Picardie et Nord-Pas-de-Calais. Leur mission est de coordonner l'action de l'Etat dans les bassins d'emploi en difficulté, sous l'autorité des préfets et avec le soutien des services compétents. Pour remplir à bien leur mission, les neuf commissaires auront à leur disposition de nombreux outils, dont le soutien d'Oséo et une ligne de trésorerie de 100 M€ destinée aux prêts pour les "cas difficiles". Par ailleurs, le dispositif Contrat de transition professionnelle (CTP) sera systématiquement réactivé dans les bassins d'emploi en difficulté.


Février 2010 : Premier bilan de l'action des commissaires à la réindustrialisation

Depuis leur prise de fonctions, les dix commissaires à la réindustrialisation "sont intervenus sur près de 400 entreprises, représentant 60.000 emplois, qui connaissaient toutes des situations difficiles susceptibles de remettre en cause leur pérennité". Un premier bilan de leur action a été réalisé par MM. Claude Valleix, préfet, et Jean-Claude Volot, président de l'Agence pour la création d'entreprise (APCE). Ce bilan confirme, selon ses auteurs, "la pertinence, l'utilité et l'efficacité de ce dispositif". Le mandat des commissaires à la réindustrialisation doit prendre fin à la sortie de la crise et "au plus tard à la fin de l’année 2011".
Lire la communication extraite du Conseil des ministres du 10 février 2010 sur le Portail du Gouvernement.





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Mise à jour : 19 février 2010

 
 

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