
Loi de modernisation de l'économie (LME) |
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La loi n° 2008-776 du 4 août 2008 de modernisation de l'économie, dite loi LME,
"a pour ambition de stimuler la croissance et les énergies, en
levant les blocages structurels et réglementaires que
connaît l’économie de notre pays. Pour ce faire, il
faut à la France à la fois plus d’entreprises et
plus de concurrence" (Source : exposé des motifs du projet de
loi LME).
Pour les entreprises et les PME en particulier, la LME entraîne :
- la simplification de la création d'entreprise avec la mise en
place du statut d'auto-entrepreneur, qui permet de cumuler un emploi et
une activité autonome en toute régularité avec le service des impôts et
les Urssaf grâce à un prélèvement libératoire forfaitaire (23 % du CA
dans les services et 13 % dans le commerce) et une exonération de taxe
professionnelle pendant 2 ans ;
- le relèvement de l'enveloppe du FISAC (Fonds d’intervention pour
les services, l’artisanat et le commerce) de 80 à 100 M€ et
l'élargissement et le recentrage de son champ d'action sur les
commerçants et les artisans ;
- la transformation de la Taxe d’aide au commerce et à l’artisanat
(TACA) en Taxe sur les surfaces commerciales (Tascom) "pour qu’elle
pèse davantage sur les grands commerces et moins sur les petits" ;
- la réduction des délais de paiement à 60 jours et le
renforcement des sanctions en cas de dépassement, dès le 1er janvier
2009 ;
- le relèvement du seuil de la microentreprise à
32 000 € de CA dans les services et 80 000 € de CA dans le
commerce ;
- la diminution des conséquences financières lors du franchissement des seuils de 10 et 20 salariés ;
- la mise en place d'un statut de l'"entreprise de taille
intermédiaire" dont les seuils seront définis par décret et pourraient
s'inscrire entre 250 et 3 000 ou 5 000 salariés ;
- la simplification du droit des sociétés
concernant les SAS et EURL, avec une protection renforcée du
patrimoine personnel ;
- l'attribution systématique de 15 % des marchés publics à des PME innovantes ;
- l'ouverture du champ d'action des associations de micro-crédit,
qui peuvent désormais prêter à tous types de publics et plus seulement
les demandeurs d'emploi et titulaires de minima sociaux ;
- l'abaissement de 5 à 3 % des droits de mutations à titre onéreux de fonds de commerce ;
- l'exonération totale des droits de mutation à titre onéreux (ou
abattement de 300 000 €) lorsque la valeur de l’entreprise est
inférieure à 300 000 € ;
- la possibilité de ne détenir que 25 % au moins
du capital de la société (contre 50 % auparavant) pour
avoir le droit de reprendre une entreprise ;
- le relèvement des plafonds de la réduction d’impôt sur le revenu
accordée au titre des emprunts souscrits pour la reprise d’entreprise
(20 000 € pour une personne seule, le double pour un couple) ;
- le relèvement de 300 à 1 000 m² de surfaces commerciales du
seuil d’autorisation par les commissions départementales afin
d’encourager le développement des supermarchés ;
- l'apport d'une base légale à l'expérimentation qui a permis à la
région Alsace de recevoir la délégation totale de la gestion des
crédits européens au titre du FEDER (Fonds européen de développement
régional). Cette expérimentation sera poursuivie en élargissant son
champ d’application, et un bilan est prévu en 2011 afin d’envisager sa
généralisation éventuelle à toutes les régions.
L'Agence pour la Création d'entreprise (APCE) a
réalisé en juillet-août 2008 un tableau de
synthèse très complet présentant dans le
détail l'ensemble des mesures intéressant les
entreprises, les PME et les porteurs de projet de création et de
reprise et tient à jour un calendrier d'application des mesures issues de la LME : Télécharger
le tableau présentant les mesures de la loi de modernisation de
l'économie qui sont relatives à la création, au développement et à la
reprise des entreprises (29 juillet 2008) et consulter le calendrier d'application des mesures de la loi sur le site de l'APCE.
2008 : chronologie de la préparation de la loi
26 mars 2008 : présentation à la presse des grands contours du projet de loi de modernisation de l'économie Au cours d'une conférence de presse, le 26 mars 2008, Christine
Lagarde,
ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi, a
présenté les
quatre volets du projet de loi sur la modernisation de
l'économie. Il
prévoit "un statut
simplifié de l’entrepreneur individuel" qui
permettra de "lancer sa
propre affaire" ou développer une activité "sans
pour autant créer une
société". Les délais de paiement des
PME seront réduits "en gelant les
conséquences financières des franchissements des
seuils de 10 et 20
salariés" et en limitant leurs obligations administratives.
La future
LME incluera aussi un dispositif qui permettra à un
entrepreneur "de
régler de façon définitive ses
cotisations sociales et ses impôts", en
cotisant "chaque trimestre ou chaque mois en pourcentage fixe de son
chiffre d'affaires", et apportera des modifications à la loi
Galland en
"réformant les règles de l'urbanisme commercial
pour faire entrer de
nouveaux acteurs" et en créant "une Autorité
nationale de la
concurrence". Mme Lagarde a présenté enfin les
effets des premières
réformes réalisées en faveur des
entrepreneurs : loi du 21 août 2007 en
faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir
d’achat, loi du 13 février
2008 sur la réforme du service public de l'emploi,
triplement du Crédit
d'Impôt Recherche dans la loi de Finances pour 2008,
intensification du
soutien public aux 71 pôles de
compétitivité et désignation d'OSEO
comme guichet unique pour les aides à l'innovation depuis le
1er
janvier.
28 avril 2008 : présentation du projet de loi en Conseil des ministres Christine Lagarde a ensuite présenté le projet de loi de
modernisation de l'économie
(MDE) en Conseil des ministres du 28 avril 2008. Il devrait être
adopté à la fin du mois de juin. Outre trois
volets
de mesures destinées aux
consommateurs, aux épargnants et aux investisseurs
étrangers, un
quatrième volet "facilitera le développement des
PME par un ensemble de
mesures très fortes, de la réduction des
délais de paiement à la
suppression des effets de seuil" :
- "Les
délais de paiement
sont réduits à 60 jours (ou 45 jours fin de mois)
et les
indemnités de retard doublées" ;
- "Les effets de seuil (liés
à l’embauche d’un dixième ou
d’un
vingtième salarié) sont gommés par le
maintien des exonérations pendant
trois ans" ;
- "Les instruments de capital-risque sont
modernisés" ;
- "Le fonctionnement des SARL est
simplifié".
- Les acheteurs publics devront
réserver ux PME innovantes, "à
titre expérimental" et sur 5 ans, une part
limitée à 15 % de leurs
marchés annuels, ou les traiter de façon
préférentielle "en cas
d’écart
faible entre plusieurs offres" ;
- Création du statut
simplifié de l’entrepreneur individuel "pour
ceux qui lancent leur propre affaire ou veulent développer
une activité
indépendante sans pour autant créer leur
société. Tout chômeur qui
souhaite avoir une activité parallèle pourra
déclarer son entreprise
très simplement sur internet" ;
- Création du forfait fiscal et
social pour l'entrepreneur
individuel. Imposé "à partir du jour
où il rentre du chiffre
d’affaires", l'entrepreneur pourra choisir pour un
prélèvement
forfaitaire mensuel ou trimestriel, dans la limite de 76 300 €
(achat-revente) ou 27 000 € (services) de CA ;
- Encouragement de la
"réinsertion par la création
d’entreprise" ;
- Développement de
"l’économie solidaire et du
microcrédit".
2 juin 2008 : début des travaux parlementaires À l’occasion
du premier jour du débat sur le projet de loi de modernisation
de l’économie à l’Assemblée nationale,
la ministre de l'Économie, de l'Industrie et de l'Emploi a
lancé le 2 juin 2008 un site Internet
dédié (voir l'onglet "Sites"). Celui-ci propose des fiches
de synthèse qui permettent de suivre, mesure par mesure,
l'avancée du débat parlementaire.
2009 : rapport d'information sur l'application de la loi LME
En
décembre 2009, un an et demi après son adoption, le
Sénat a dressé dans un rapport d'information un bilan
nuancé de l'application de la loi LME. La commission de
l'économie, du développement durable et de
l'aménagement du territoire du Sénat a constitué
un groupe de travail afin d'évaluer les impacts de la loi de
modernisation de l'économie (LME) du 4 août 2008, qui
entraîné "un vaste ensemble de réformes
structurelles". Quatre dispositions de la loi ont été
évaluées : la réduction des délais de
paiement, la réforme des relations commerciales, le
régime de l'auto-entrepreneur et l'urbanisme commercial. Selon
le Sénat, "le régime de l'auto-entrepreneur a eu un effet
stimulant sur la création d'entreprises, même si les
données doivent être interprétées avec
nuance et si une évaluation plus précise est
nécessaire". Par ailleurs, "si la loi a permis une
réduction effective des délais de paiement, elle n'a pas
conduit à une amélioration réelle des relations
commerciales : les relations entre fournisseurs et distributeurs
restent ainsi fortement déséquilibrées". Enfin, un
nouveau texte de réforme de l'urbanisme commercial "paraît
indispensable".
Lire le communiqué de presse du 17 décembre 2009 et télécharger
le rapport d'information 'Mise en oeuvre de la loi de modernisation de
l'économie du 4 aout 2008 : un premier bilan contrasté'
de Mme Élisabeth Lamure, fait au nom de la commission de
l'économie, n° 174 (2009-2010), 16 décembre 2009, sur
le site du Sénat.
© Institut
Supérieur des MétiersObservatoire
des aides aux entreprises et du développement
économiquehttp://www.aides-entreprises.frMise
à jour : 15 janvier 2010
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