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Pôles de compétitivité

pôles de compétitivité

Définition et statut juridique

Panorama des pôles de compétitivité

Projets collaboratifs de R&D dans les pôles de compétitivité
       Définition des projets de R&D
       Mode de sélection des projets
       Tableau récapitulatif des résultats des appels à projets de R&D

Financement des pôles de compétitivité
       Sur la période 2009-2011
       Sur la période 2005-2008
       Exonérations fiscales en faveur des entreprises qui participent aux projets de R&D des pôles de compétitivité

Chronologie de la politique des pôles de compétitivité
       Décembre 2002 : naissance de la politique des pôles de compétitivité
       Septembre 2004 : lancement de l'appel à candidatures
       Février 2005 : examen de 105 candidatures
       Juillet 2005 : labellisation de 67 pôles de compétitivité
       
Octobre 2005 : validation des zonages R&D des pôles
       Février 2006 : création du Fonds de compétitivité des entreprises (FCE)
       Mars 2006 : lancement des Forums du financement de l’innovation et de la compétitivité
       Mars 2006 : renforcement du Fonds de compétitivité des entreprises et création d'un guichet unique de demande d'aides
       
Juillet 2006 : un an après, le gouvernement fait un premier bilan
       Juillet 2006 - Mars 2007 : parution des décrets des zonages R&D des pôles de compétitivité
       Juillet 2007 : labellisation de 5 nouveaux pôles de compétitivité
       Juin 2008 : la politique des pôles de compétitivité est prorogée pour trois ans
       Septembre 2008 : lancement des contrats de performance sur 3 ans
       Octobre 2008 : mise en place des plates-formes d'innovation
       Septembre 2009 : transfert à Oséo Innovation de la gestion des aides aux pôles de compétitivité

Accompagnement technique des pôles de compétitivité
       Mission générale de pilotage et de suivi du groupe de travail interministériel
       Comité de coordination et contrat cadre
       Agence Oséo et correspondants régionaux
       Plates-formes d'innovation
       Autres modes d'accompagnement

Évaluation des pôles de compétitivité
       Juillet 2005 : définition des modalités d'évaluation
       Juillet 2007 : lancement du processus d'évaluation
       Décembre 2007 : sélection du cabinet chargé de l'audit des pôles
       Juin 2008 : la mission d'évaluation propose de "reconfigurer en profondeur" 13 des 71 pôles existants
       Juillet 2008 : le Comité économique et social affirme que les pôles de compétitivité ont conduit à l'émergence d'une nouvelle dynamique de partenariat



Définition et statut juridique

La politique des pôles de compétitivité repose sur la collaboration, sur un territoire donné, entre des entreprises et des organismes publics ou privés de recherche et de formation :
  • unissant leurs efforts pour développer, dans un ou plusieurs domaines technologiques et industriels, un projet d'innovation et de R&D ;
  • disposant d'une masse critique élevée sur le plan de l'industrie et/ou de la recherche pour franchir des seuils technologiques et se prévaloir d'une visibilité suffisante sur la scène internationale.
Un pôle de compétitivité doit répondre à quatre exigences majeures (source : dossier de presse du CIADT du 12 juillet 2005) :
  1. "Être créateur de richesses nouvelles à forte valeur ajoutée et d'emploi qualifié" ;
  2. "Pouvoir se positionner sur des marchés mondiaux caractérisés par un fort potentiel de croissance" ;
  3. "Se fonder sur des partenariats approfondis entre les acteurs, se traduisant par un mode de gouvernance structuré et de qualité" ;
  4. "Définir les objectifs et les moyens d'une stratégie efficace de développement économique et de recherche de l'innovation".
Le statut juridique des pôles de compétitivité peut prendre des formes variées : association, groupement d'intérêt économique (GIE), groupement d'intérêt scientifique (GIS), etc. Son pilotage est assuré par l'un des acteurs, qu'il soit économique (PME, grand groupe), académique (université, laboratoire de recherche) ou institutionnel (collectivité territoriale). Son représentant légal, toutefois, ne peut relever ni de l'Etat ni d'une collectivité territoriale.




Panorama des pôles de compétitivité

Les pôles de compétitivité sont au nombre de 71 au 1er janvier 2008. Fin 2006, ils couvraient "près de 3 % de l’emploi salarié national et 11 % de l'emploi industriel", selon une synthèse publiée en décembre 2007 par le Sessi. Ainsi, "près de 5 000 établissements d’entreprises, employant 640 000 salariés, étaient membres d'au moins un pôle de compétitivité fin 2006". Si les PME couvrent "une part plus importante de l'emploi" dans les pôles à vocation nationale, les PME des pôles mondiaux se distinguent pour leur part "par une forte orientation vers les marchés étrangers". Le Sessi précise également qu'en 2006, "les intentions de financements publics des projets des pôles se sont élevées à 645 M€, dont 189 M€ provenant du fonds unique interministériel", et que "plus du tiers" des engagements de ce fonds destinés à des entreprises sont "orientés vers les PME".

(Source : Sessi, 4 pages des statistiques industrielles, n° 238, décembre 2007.)




Projets collaboratifs de R&D dans les pôles de compétitivité

Définition des projets de R&D 
"Les projets de R&D menés dans le cadre des pôles de compétitivité sont définis dans le dossier de candidature du pôle". Ce dossier décrit notamment "les travaux de R&D incombant à chacun des partenaires, et précise les moyens mobilisés pour la réalisation de ces travaux". Les projets de R&D "doivent être susceptibles de développer l'activité des entreprises concernées ou de favoriser l'émergence de nouvelles entreprises innovantes" et doivent associer :
  • plusieurs entreprises (les PME sont fortement encouragées à s'y joindre) ;
  • au moins l'un des partenaires suivants :
    • laboratoires publics ou privés,
    • établissements d'enseignement supérieur,
    • organismes concourant aux transferts de technologies.
Enfin, les projets doivent concerner des entreprises et des structures publiques et privées qui sont installés dans une commune classée en zone R&D des pôles de compétitivité, définies par décret.
(Source : article 24 de la loi de finances pour 2005.)

Mode de sélection des projets
A compter de septembre 2009, la sélection des projets de R&D est coordonnée par l'agence Oséo (direction "Pôles de compétitivité-FUI"), en lieu et place de la Direction Générale de la Compétitivité, de l'Industrie et des Services (DGCIS) rattachée au Ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi. Les projets de R&D sélectionnés bénéficient d'un financement de l'Etat, via le Fonds unique interministériel (FUI). Des appels à projets (AAP) publics sont lancés une à deux fois par an (voir liste des résultats paragraphe suivant). Les projets de R&D sont retenus en fonction de leur caractère innovant et leur impact en termes d'emplois, en fonction des critères suivants (art. 24 de la loi de finances pour 2005) :
  • "nature de la recherche et du développement prévus" ;
  • "modalités de coopération entre les entreprises et les organismes publics ou privés" ;
  • "complémentarité avec les activités économiques du pôle de compétitivité" ;
  • "impact en termes de développement ou de maintien des implantations des entreprises" ;
  • "réalité des débouchés économiques" ;
  • "impact sur l'attractivité du territoire du pôle de compétitivité" ;
  • "complémentarité avec d'autres pôles de compétitivité" ;
  • "qualité de l'évaluation prévisionnelle des coûts" ;
  • "viabilité économique et financière" ;
  • "implication, notamment financière, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) dotés d'une fiscalité propre".

Tableau récapitulatif des résultats des appels à projets de R&D lancés depuis 2005

Date de lancementDate de clôtureNombre de projets déposésDate d'annonce des résultatsNombre de projets retenusNombre de pôles concernésFinancement de l'ÉtatFinancement des
collectivités territoriales
AAP 14 décembre 200515 février 20062253 mai 20067342 sur 66115 M€NC
AAP 215 mars 200615 mai 2006NC24 juillet 20076839 sur 6680 M€NC
AAP 33 octobre 200615 décembre 200622414 mars 200710047 sur 66153 M€NC
AAP 414 mars 200727 avril 2007NC31 juillet 20077040 sur 66
83 M€NC
AAP 519 septembre 200730 novembre 20072055 mars 200812352 sur 71147 M€NC
AAP 618 février 200830 avril 200819321 juillet 20089959 sur 71
109 M€NC
AAP 724 septembre 200828 novembre 200819010 mars 20099153 sur 71107 M€67 M€
AAP 827 février 200930 avril 200920029 juillet 20099348 sur 71109 M€62 M€
AAP 920 octobre 200927 novembre 2009
2268 mars 20107552 sur 7191 M€58 M€
AAP 10Avril 2010Juillet 2010
Total--1 736-813-1 Md €608 M€




Financement des pôles de compétitivité



Sur la période 2009-2011

Les pôles de compétitivité, pour leur développement et leur animation, bénéficient d'1,5 Mds € de financement public sur la période 2009-2011, répartis comme suit :
  • Fonds unique interministériel (géré par l'agence Oséo) : 600 M€, dont :
    • Financement des projets collaboratifs de R&D : 495 M€ ;
    • Développement des plates-formes d'innovation des pôles de compétitivité : 105 M€ (soit 35 M€ par an).
  • Agence Oséo et Caisse des Dépôts : 250 M€. L'agence Oséo a indiqué en septembre 2009 qu'elle réserverait "100 M€ pour l'année 2009 aux projets de R&D portés par des PME".
  • Agence nationale de la Recherche : 600 M€ ;
  • Crédits d'animation (financement des structures de gouvernance) : 50 M€. Ce soutien est dégressif, avec l’objectif "d’aboutir en 2011 à une part équilibrée des financements publics et privés dans les structures d’animation" ;
  • Apports des collectivités territoriales : les concours apportés au niveau national sont abondés localement par certaines collectivités territoriales (Régions, Départements...). Cet abondement est toutefois limité par la réglementation européenne des aides d'Etat.
  • Apports des fonds structurels européens : certaines actions régionales au titre des programmes opérationnels régionaux du fonds FEDER sont réservées aux pôles de compétitivité. Il s'agit, sur la période 2007-2013, d'aide au financement des structures de coordination des pôles mais aussi d'aides en faveur des projets de R&D dans les pôles (notamment ceux à vocation internationale) ou encore en faveur de grands projets d'investissements.

Sur la période 2005-2008
Les modalités de financement des pôles de compétitivité ont été définis dans l'article 24 de la loi de finances pour 2005. L'État a mobilisé de nombreux moyens d'intervention pour le développement des pôles de compétitivité. Le montant total prévu des concours dédiés au financement des pôles de compétitivité s'est élevé à 1,5 Mds € sur la période 2005-2008 :
  • 397,5 M€ de l'État, dont 364,5 M€ de crédits d'intervention et 33 M€ de crédits d'animation ;
  • 300 M€ d'exonérations fiscales et allègements de charges sociales ;
  • 800 M€ minimum de la Caisse des Dépôts et des agences, plus 3 M€ de crédits d'animation :
    • Agence nationale de la recherche : "programmes favorisant les partenariats entre laboratoires publics et laboratoires d'entreprises et contribuant aux transferts technologiques des résultats de la recherche publique vers le monde économique" ;
    • Agence de l'innovation industrielle (AII) : "développement de la R&D dans le cadre d'appels à projets mettant en oeuvre de grands programmes de développement à parité avec les financements privés" ;
    • Agence OSEO : "soutien particulier aux PME".

Exonérations fiscales en faveur des entreprises qui participent aux projets de R&D des pôles de compétitivité
La loi de finances pour 2005 a créé une série de dispositifs d'exonération fiscales destinées à encourager les entreprises et les PME à participer aux projets de R&D dans les pôles de compétitivité (cliquer pour consulter les fiches des dispositifs dans le Répertoire des aides aux entreprises) :
A noter, dans les communes classées en zones R&D des pôles de compétitivité, les dispositifs d'Exonération d'impôt sur les bénéfices et d'Exonération d'impôt forfaitaire annuel (IFA) sont désormais limités aux entreprises qui, à la date du 16 novembre 2009, participaient à un projet de recherche et de développement labellisé dans ces zones (art. 59 de la loi n° 2009-1674 du 30 décembre 2009 de finances rectificative pour 2009).




Chronologie de la politique des pôles de compétitivité


Décembre 2002 : naissance de la politique des pôles de compétitivité
Le Comité Interministériel à l'Aménagement du Territoire (CIADT) réuni le 13 décembre 2002 a conçu cet outil de développement industriel avec l'objectif de renforcer la compétitivité de pôles technologiques et industriels fortement spécialisés et d'envergure internationale. La politique des pôles de compétitivité est donc l'un des piliers majeurs de la politique industrielle française.
Cette politique est perçue comme un frein à la désindustrialisation et aux délocalisations, dans la mesure où la mise en réseau des entreprises améliore les relations de proximité et intègre les acteurs dans de véritables "écosystèmes de la croissance". Autre caractère incitatif, l'attribution d'aides publiques à ces acteurs est conditionnée à l'engagement des bénéficiaires de ne pas délocaliser leurs activités.
Ce modèle de croissance repose sur la coopération et la mutualisation de ressources sur un territoire entre des entreprises et des organismes de recherche et de formation. Il se rapproche du modèle des systèmes productifs locaux, mais avec un ciblage plus fort sur l'innovation et une ambition internationale affirmée.


Septembre 2004 : lancement de l'appel à candidatures

Le CIADT du 14 septembre 2004 a permis d'ancrer plus concrètement la politique des pôles de compétitivité. Une circulaire du Premier ministre en date du 25 novembre 2004 a lancé un appel à projets piloté conjointement par la Datar et la Direction Générale des Entreprises du Ministère de l'Économie des Finances et de l'Industrie (Minefi). Lors de ce comité, il a été envisagé de labelliser au milieu de l'année 2005 une quinzaine de projets, classés selon deux catégories :
  • Pôles de très haute technologie (axés sur la recherche de pointe),
  • Pôles à dominante industrielle (axés sur l'innovation).
Afin de suivre l'avancement de l'appel à projets, un site dédié aux pôles de compétitivité a été lancé par la Datar et le Minefi à la fin de l'année 2004 : http://www.competitivite.gouv.fr.


Février 2005 : examen de 105 candidatures
L'appel à candidatures des pôles de compétitivité s'est clos le 28 février 2005. Les préfets de régions, chargés de réceptionner les candidatures, ont reçu 105 projets de pôles de compétitivité, révélant la large mobilisation et la motivation très importante des PME, universités, industriels et élus locaux. Le processus de sélection s'est déroulé en trois étapes (source : dossier de presse du CIADT du 12 juillet 2005) :
  • "Une analyse locale conduite par les préfets de région, dès réception des candidatures" ;
  • "Une expertise conduite par un groupe de travail interministériel (GTI), réunissant les ministères concernés par les projets : aménagement du territoire, industrie, défense, agriculture, emploi et recherche, ainsi qu'Oséo, la Datar et la Caisse des Dépôts" ;
  • "Une évaluation confiée à un groupe de 30 personnalités qualifiées" issues du monde de l'industrie, de la finance, de l'enseignement supérieur et de la recherche, mis en place le 16 mai 2005.
En parallèle, le grand nombre de candidatures a conduit le ministère délégué à l'Aménagement du territoire a étudier l'opportunité de développer un second label pour les projets n'ayant pas une envergure suffisante pour soutenir une visibilité à l'international : les "pôles d'excellence". En effet, l'enveloppe envisagée au départ (environ 750 M€ sur 3 ans) limitait le financement à un nombre restreint de grands projets d'envergure internationale.
La réflexion gouvernementale sur les pôles d'excellence n'a pas abouti à la création d'un label. S'il avaient existé, toutefois, les pôles d'excellence se seraient appuyés sur le soutien et l'accompagnement des collectivités territoriales pour répondre, à terme, aux conditions d'éligibilité du label "pôle de compétitivité".


Juillet 2005 : labellisation de 67 pôles de compétitivité

Le CIADT du 12 juillet 2005 s'est appuyé sur la synthèse des avis recueillis au cours du processus de sélection pour désigner 67 pôles de compétitivité, au lieu de la quarantaine envisagée par les experts ayant participé au processus de sélection.
"Les pôles devaient avoir au départ une vocation purement scientifique", a déclaré M. Christian Estrosi, ministre délégué à l'Aménagement du Territoire, à l'issue de ce CIADT ; "on a évolué vers un dispositif qui devait avoir vocation à créer des emplois". Le Gouvernement a souhaité accompagner la forte dynamique qui a prévalu lors de la clôture de l'appel à projets ; il a donc choisi de revoir à la hausse les ambitions de la politique des pôles de compétitivité .
Ces 67 pôles de compétitivité ont été distingués en 3 catégories :
  • 6 projets mondiaux, dont le poids dans la compétition économique internationale est significatif, certains détenant même "une position de leader". Chacun d'entre eux réunit plus de 5 000 chercheurs ;
  • 9 projets à vocation mondiale, "qui ont vocation à rejoindre le groupe de tête mais qui n'ont pas encore la taille suffisante" ;
  • 52 projets à vocation nationale, qui "permettent à la France de disposer d’une base industrielle suffisamment large pour tenir son rang dans la compétition internationale".
Considérant que beaucoup de candidatures non retenues présentent un intérêt particulier pour le développement économique régional, le CIADT du 12 juillet 2005 a demandé aux préfets "d'examiner, avec les collectivités territoriales, les modalités de mobilisation adaptée des différents dispositifs de soutien de l'État et des collectivités territoriales". Certains projets non retenus ont pu bénéficier, sur proposition des préfets de région, d'une enveloppe de 4 M€ sur trois ans destinée à leur permettre d'animer une nouvelle concertation et de définir plus précisément leur stratégie, leur positionnement et leur plan d'action.


Octobre 2005 : validation des zonages R&D des pôles
Le premier Comité interministériel d'aménagement et de compétitivité des territoires (CIACT), remplaçant du CIADT, s'est tenu le 14 octobre 2005. Les contrats cadre de 55 pôles de compétitivité ont été validés, parmi les 67 pôles retenus le 12 juillet 2005. Trois projets de décrets ont également été examinés afin de continuer la mise en place de la politique nationale des pôles de compétitivité. Ils concernent :
  • le zonage R&D des pôles où seront applicables les exonérations ;
  • le régime fiscal applicable aux entreprises implantées dans un pôle de compétitivité et participant à un projet de R&D ;
  • les modalités des exonérations des cotisations patronales de sécurité sociale pour ces entreprises.


Février 2006 : création du Fonds de compétitivité des entreprises (FCE)
Le Ministère délégué à l'Industrie a lancé en février 2006 le Fonds de compétitivité des entreprises (FCE), doté de 40 M€ par an, destiné à financer les projets de R&D des pôles de compétitivité. Seuls sont éligibles les projets collaboratifs, comprenant par exemple au minimum 2 entreprises et 1 laboratoire ou organisme de formation. Les projets aidés, à fort contenu innovant, avaient jusqu'au 15 février 2006 pour faire acte de candidature. Ils doivent viser à développer des produits ou des services mis sur le marché à moyen terme, en vue d'obtenir des retombées en termes d’activité économique et d’emploi. Le FCE est géré par la Direction générale des entreprises (DGE), rattachée au Ministère délégué à l'Industrie.


Mars 2006 : lancement des Forums du financement de l’innovation et de la compétitivité
Les Forums du financement de l’innovation et de la compétitivité ont été lancés en mars 2006 par François Loos, ministre délégué à l'Industrie. Partant du constat que les pôles de compétitivité à vocation mondiale manquent d'entreprises moyennes, ces Forums ont eu pour objectif de faciliter l'intégration et le développement des PME innovantes. Il a été proposé à ces dernières des rencontres d'affaires dans sept villes françaises avec l'ensemble des partenaires des pôles, tant financiers que scientifiques ou technologiques. Des tables rondes et des ateliers spécialisés ont apporté aux PME un éclairage sur les perspectives des pôles de compétitivité et sur les aides financières qui peuvent leur être accordées à titre individuel ou collectif. Sept Forums se sont succédés en 2006 à Lyon, Marseille, Grenoble, Paris, Toulouse, Rennes et Strasbourg.


Mars 2006 : renforcement du Fonds de compétitivité des entreprises et création d'un guichet unique de demande d'aides
Le CIACT du 6 mars 2006 a souhaité simplifier les procédures et augmenter les moyens consacrés aux projets de R&D dans les pôles de compétitivité. Une demande de subvention unique et une procédure unique d'instruction seront à établir par les pôles auprès de la Direction générale des entreprises. Ils devaient auparavant s'adresser à chacun des ministères concernés.
Le renforcement du Fonds de compétitivité des entreprises (FCE), dédié au financement des projets de R&D, a également été décidé. Originellement fixé à 40 M€ par an (soit 120 M€ sur 3 ans), il passe à 196 M€ par an, soit 588 M€ sur 3 ans. Dans un but de simplification administrative, ce montant regroupera "l'ensemble des financements prévus par tous les Ministères pour les projets de R&D".


Juillet 2006 : un an après, le gouvernement fait un premier bilan
Le ministre délégué à l'Aménagement du territoire et le ministre délégué à l'Industrie ont présenté un premier bilan des pôles de compétitivité lors du Conseil des ministres du 30 août 2006, un an après la désignation des 67 pôles de compétitivité. Plusieurs constats :
  • Tous les pôles de compétitivité sont opérationnels et disposent chacun de leur propre organe de gouvernance, comptant 3 à 4 personnes en moyenne et disposant de 650 000 € pour assurer leur mission d'animation (communication, intermédiation entre les membres, recherche de partenariats, appui au montage des projets de R&D, recherche de financement, veille, évaluation, etc.) ;
  • L'Etat a mobilisé, au 30 août 2006, 540 M€ en faveur des pôles de compétitivité, dont 230 M€ de l'Etat et 210 M€ des différentes agences (AII, ANR, Oséo). Les collectivités auraient apporté pour leur part 100 M€ supplémentaires ;
  • Les fonds publics auraient permis d'entraîner un effet de levier évalué à 1,8 Mds € de financements privés ;
  • Les ministres délégués ont à cette occasion indiqué plusieurs mesures de simplification.


Juillet 2006 - Mars 2007 : parution des décrets des zonages R&D des pôles de compétitivité
Suite à la réception de nouvelles candidatures et la fusion de pôles déjà labellisés, les 67 pôles de compétitivité sont devenus 66 fin 2006. Pour chacun d'entre eux, des zonages ont été définis par la DIACT et ont fait l'objet de décrets en Conseil d'Etat (61 décrets sont pour le moment parus entre le 13 juillet 2006 et le 22 mars 2007). Seules les entreprises implantées dans une commune désignée dans l'un de ces zonages et qui s'associent à un projet de recherche et développement agréé par l'État pourront bénéficier des exonérations prévues dans le cadre de la politique des pôles de compétitivité. Consulter la liste des décrets d'application des zonages R&D des pôles de compétitivité.


Juillet 2007 : labellisation de 5 nouveaux pôles de compétitivité
Le CIACT du 5 juillet 2007 a labellisé cinq nouveaux pôles de compétitivité. Sélectionnés parmi 18 candidatures reçues au cours des mois précédents, ils viennent s'ajouter aux 66 pôles labellisés deux ans auparavant :
  • Industrie financière, nouveau pôle d'envergure mondiale, installé en Ile-de-France et dédié à l'industrie financière et l'assurance ;
  • Agrimip Innovation, pôle agroalimentaire en Midi-Pyrénées ;
  • Elastopôle, dédié aux industries du caoutchouc et présent sur quatre régions (Centre, Auvergne, Ile-de-France, Pays-de-la-Loire) ;
  • Astech (Ile-de-France) et Pégase (PACA), deux pôles dédiés à l'aéronautique et à l'espace en lien avec le pôle mondial Aerospace Valley en Midi-Pyrénées et en Aquitaine.
Trois autres projets n'ont pas été retenus, mais leur intérêt particulier leur a permis d'être adossés à des pôles existants afin de leur offrir une visibilité et une taille critique suffisante.


Juin 2008 : la politique des pôles de compétitivité est prorogée pour trois ans
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a annoncé qu'"il n'est pas question d'arrêter le processus" des pôles de compétitivité, au cours d'une table ronde organisée le 26 juin 2008 à la suite de la visite d'usines bénéficiaires de dispositifs issus de la politique des pôles. Celle-ci devrait ainsi être prolongée "pour 3 ans" et bénéficier d'un milliard et demi d'euros supplémentaires. Les 13 pôles n'ayant pas rempli les objectifs définis en 2005, identifiés dans le rapport d'évaluation sur les pôles de compétitivité remis au Premier ministre le 18 juin, bénéficieront d'un délai d'un an supplémentaire "pour faire leurs preuves", a précisé le président en s'appuyant sur les conclusions du rapport.


Septembre 2008 : lancement des contrats de performance sur 3 ans
Le Premier ministre a détaillé le 24 septembre 2008 une série d'améliorations apportées à la politique des pôles, avec notamment la mise en place de contrats de performance d'une durée de 3 ans. D'ici là, aucune nouvelle labellisation n'aura lieu - sauf dans le domaine des éco-technologies pour lequel la création d'un pôle est prévue. Mais l'effort du gouvernement se traduira avant tout en matière de financement avec un effort porté plus particulièrement vers les PME :
  • maintien du taux de subvention des PME dans le zonage R&D des pôles ;
  • réduction des délais d’attribution et de versement des subventions, notamment pour les PME, à travers une expérimentation d'Oséo en région Rhône-Alpes qui sera généralisée en cas de succès ;
  • maintien et amplification du système de bonification des aides aux projets collaboratifs issus des pôles proposé par l'ANR ;
  • maintien par Oséo Innovation de la bonification des aides aux PME participant à des projets collaboratifs dans les zones de R&D des pôles.

Octobre 2008 : mise en place des plates-formes d'innovation
"Une plate-forme d’innovation est un regroupement de moyens (équipements et moyens humains notamment) destinés à offrir à une communauté ouverte d’utilisateurs, notamment des entreprises, des ressources (location d’équipements, prestations, services…) leur permettant de mener à bien leurs projets de R&D et d’innovation. Une plate-forme d’innovation est constituée par des équipements de haute technologie et des équipes d’ingénieurs pour permettre aux entreprises, et tout particulièrement les PME, de développer des produits et des procédés innovants en collaboration avec des centres de recherche." (source : www.competitivite.gouv.fr)
La mise en place de ces plates-formes d'innovation dans les pôles de compétitivité vise à développer "une action plus volontariste, au niveau national" destinée à mobiliser sur la durée d'importants moyens techniques et humains pour permettre aux pôles, à leurs acteurs et aux projets de R&D de se développer "
à un rythme compatible avec la concurrence internationale".
L’État et la Caisse des Dépôts ont lancé conjointement un appel à projets spécifique en octobre 2008 afin de mettre en place ces plates-formes d'innovation. 35 M€ par an ont été réservés par l’État dans le cadre de l'enveloppe du Fonds Unique Interministériel pour financer l’ensemble des projets qui seront retenus. Le 5 février 2009, 35 projets de plates-formes d’innovation au sein des pôles de compétitivité, dont 23 relèvent de pôles mondiaux ou à vocation mondiale, ont été présélectionnés. La plupart des projets de plates-formes devraient être réalisés d'ici la fin de l'année 2009 ; les projets plus complexes devraient poursuivre leur mise en place jusqu'en 2010.


Septembre 2009 : transfert à Oséo Innovation de la gestion des aides aux pôles de compétitivité
Suite à la décision du premier Conseil de la modernisation des politiques publiques, le 12 décembre 2007, de faire de l'agence Oséo "un opérateur de référence en matière de soutien à l'innovation des entreprises", la gestion du Fonds unique interministériel, principale source de financement de l'Etat à destination des pôles de compétitivité, a été déléguée fin septembre 2009 à l'agence nationale. Celle-ci gèrera désormais "les aides aux pôles de compétitivité gérées par le ministère de l'Economie, de l'Industrie et de l'Emploi". L'agence Oséo s'est préparée à ce transfert de gestion tout au long de l'année 2008, avec la création d'une direction "Pôles de compétitivité-FUI" le 1er juillet 2008, puis la nomination de correspondants régionaux pour les pôles de compétitivité. Le FUI représente un montant de 600 M€ sur trois ans (2009-2011), fonds qui sera en majorité utilisé pour financer les projets de R&D labellisés dans le cadre des appels à projets régulièrement lancés par l'Etat depuis 2006.




Accompagnement technique des pôles de compétitivité


Mission générale de pilotage et de suivi du groupe de travail interministériel
Le groupe de travail interministériel (GTI), qui avait auparavant conduit une expertise sur les candidatures, a été chargé par le CIADT du 12 juillet 2005 d'une mission d'accompagnement des pôles labellisés : facilitation des relations avec l'administration, suivi des pôles, évaluation, diffusion d'information et de bonnes pratiques, organisation de manifestations, renforcement des relations européennes et internationales, etc. La représentation des Ministères de l'Intérieur, de l'Emploi, de l'Equipement, du Budget et de la Santé est renforcée au sein du GTI. Des représentants de l'Agence pour l'innovation industrielle, de l'agence nationale de la recherche, le groupe de 30 personnalités qualifiées et le Haut responsable chargé de l'Intelligence économique ont également été sollicités pour en faire partie.


Comité de coordination et contrat cadre

Une circulaire du Premier ministre adressée le 2 août 2005 aux préfets de région leur a donné attribution pour la mise en place d'un comité de coordination pour chaque pôle labellisé, qui réunira les représentants du pôle de compétitivité et ses partenaires publics (collectivités territoriales, etc.). Ces comités ont pour objectif de préparer pour chaque pôle un projet de "contrat cadre" entre le pôle et l'Etat, et qui porte notamment sur :
  • La définition et la gouvernance du pôle,
  • Sa stratégie de développement économique et ses priorités,
  • Une proposition de zonage R&D, zonage géographique où pourront être attribuées les aides de l'Etat.,
  • Les modalités de suivi et d'évaluation du pôle.
Le CIACT du 14 octobre 2005 a ainsi validé les contrats-cadre de 55 pôles et avalisé les zonages R&D proposés.


Agence Oséo et correspondants régionaux
L'agence nationale Oséo a mis en place en 2008 dans ses directions régionales des correspondants dédiés aux pôles de compétitivité. Une direction nationale "Pôles de compétitivité-FUI" est également mise en place pour coordonner les projets de R&D au niveau national et appuyer les acteurs des pôles, tout particulièrement les PME. En savoir plus.

Plates-formes d'innovation
Ces structures dont la mise en place par appel à projets est prévue entre 2009 et 2010 auront pour rôle d'apporter des moyens humains et techiques supplémentaires aux projets de R&D des pôles de compétitivité, notamment dans les pôles à vocation internationale et pour les projets technologiques et scientifiques les plus avancés. En savoir plus.


Autres modes d'accompagnement
  • "Adaptation de la législation sur le détachement et le prêt de main d’œuvre afin d'accroître les possibilités de mobilité entre les différents acteurs d’un même pôle" ;
  • "Mobilisation des services de l’État oeuvrant dans l’intelligence économique" ;
  • "Renforcement de la veille technologique, à l’échelle de chaque pôle ou par mutualisation de l’effort entre pôles aux dominantes proches. Un site internet dédié sera créé à cet effet" (www.competitivite.gouv.fr)
(Source : allocution du Premier ministre à l'issue du CIADT du 12 juillet 2005.)




Évaluation des pôles de compétitivité

Juillet 2005 : définition des modalités d'évaluation
A l'issue du CIADT du 12 juillet 2005, le Premier ministre a annoncé que l'effort de l’État en faveur des pôles de compétitivité s’accompagnerait d’une évaluation renforcée :
  • Évaluation des initiatives locales. "Le groupe des personnalités qualifiées se réunira à échéances régulières pour analyser sur le terrain les efforts consentis par les partenaires, à la fois en termes de coopération et d’avancement des projets" ;
  • Évaluation du financement de l’État. La labellisation en pôle de compétitivité "n'est pas acquise une fois pour toutes" : elle dépend aussi de la mobilisation de ses acteurs.

Juillet 2007 : lancement du processus d'évaluation
Le CIACT du 5 juillet 2007 a "confirmé les orientations du CIACT du 6 mars 2006 en matière d’évaluation de la politique des pôles de compétitivité". Ainsi, "avant la fin 2008", les dispositifs d’accompagnement des pôles, ainsi que les pôles eux-mêmes, feront l'objet d'une analyse et d'une évaluation pour "pour apprécier l’avancement de chaque projet, la qualité des relations nouées entre les différents acteurs, le fonctionnement de la gouvernance, la pertinence des choix stratégiques et les premiers résultats obtenus, notamment au titre des projets de R&D". Les évaluateurs devront examiner l'efficacité du soutien public ainsi que l'activité et les projets de R&D de chaque pôle. Ils seront sélectionnés par un appel d'offre, ouvert jusqu'au 4 octobre 2007, à partir du cahier des charges mis en ligne le 6 août sur le site de la DIACT. Les résultats de cette évaluation seront à la base de la reconduction et du renforcement "du soutien de l'État aux pôles ayant satisfait aux critères". Le gouvernement prendra notamment une décision sur la poursuite du soutien financier aux pôles de compétitivité au-delà de 2008.

Décembre 2007 : sélection du cabinet chargé de l'audit des pôles
Le secrétaire d'État aux Entreprises et au Commerce extérieur, M. Hervé Novelli, a indiqué le 27 septembre 2007, à l'occasion d'une visite dans le pôle de compétitivité "Solutions communicantes sécurisées" en région PACA, qu'il sélectionnerait prochainement le cabinet chargé de l'audit des pôles de compétitivité. M. Novelli a également évoqué la nécessité d'un "resserrement géographique" des pôles, actuellement au nombre de 71, et indiqué son intention de "rationaliser" leur financement afin de parvenir "à terme à un financement unique", certains pôles relevant davantage "des fonds liés à l'aménagement du territoire que des fonds liés à l'innovation et la compétitivité".
Le 12 décembre 2007, il a annoncé le démarrage des premiers travaux d'évaluation.

Juin 2008 : la mission d'évaluation propose de "reconfigurer en profondeur" 13 des 71 pôles existants
Le rapport d'évaluation a été remis le 18 juin 2008 au Premier ministre. Les évaluateurs y affirment que "le niveau d'implication des PME dans les projets de R&D est fort et que celles-ci reçoivent une part importante des financements publics dédiés aux projets" et remarquent que "10 pôles sur 71 ont concentré environ 55 % des financements publics". Surtout, ils pointent les différents degrés de maturité des pôles : si 39 d'entre eux ont atteints les objectifs définis par le gouvernement en 2005, 19 ne les ont atteint que partiellement et 13 "pourraient tirer parti d'une reconfiguration en profondeur", à travers une redéfinition de leurs missions, la fusion avec un autre pôle ou leur retrait du dispositif. Suite à la remise de cette évaluation, le gouvernement a pris les mesures suivantes en juillet 2008 :
  • Les pôles dits "du groupe 3" (qui n'ont atteint que partiellement leurs objectifs) sont maintenus jusqu'à la fin de l'année 2009. La confirmation du label pour la période 2010-2011 "sera conditionnée au caractère positif de l'évaluation" qui aura lieu fin 2009 ;
  • La caractérisation des pôles de compétitivité en trois catégories (« pôle de compétitivité », « pôle de compétitivité à vocation mondiale » et « pôle de compétitivité mondial  ») est maintenue ;
  • Il n’y aura pas de labellisation de nouveaux pôles de compétitivité pendant 3 ans (jusqu'en 2011), sauf à titre exceptionnel dans le domaine des écotechnologies.

Juillet 2008 : le Comité économique et social affirme que les pôles de compétitivité ont conduit à l'émergence d'une nouvelle dynamique de partenariat
Selon un rapport du Conseil économique et social rendu public début juillet 2008, il importait de mettre en place de nouvelles pratiques qui doivent conforter et même accélérer la politique des pôles de compétitivité. Si celle-ci a permis, sur la période 2005-2008, de faire naître une dynamique de partenariat et "fait tomber de multiples barrières plus intellectuelles que pratiques", le CES constate cependant "que la mise en place de l’ingénierie de fonctionnement se heurte à de nombreux écueils : préfinancement de l’animation, pérennité de ce financement, appareil de gouvernance trop figé, mauvaise intégration des collectivités locales, participation insuffisante des PME, procédures trop complexes". Les pouvoirs publics ont, au final, suivi une démarche pertinente en donnant aux territoires et aux filières des outils pour les aider à se positionner dans la course à la compétitivité, conclut le CES.




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Mise à jour : 24 mars 2010

 
 

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