
Volontariat international en entreprise (VIE) |
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Qu'est-ce que le Volontariat international en entreprise ? Quelles entreprises sont concernées ? Quelles missions confier à un VIE ? Coûts et avantages du recrutement d'un VIE Des aides publiques pour soutenir le coût du VIE Durée d'une mission Comment recruter un VIE ? Le VIE, un dispositif encore en phase de décollage ? Le VIE en croissance de 30 % en 2005 et 2006
Qu'est-ce que le Volontariat international en entreprise ?
Le
Volontariat International en Entreprise (VIE) permet à une
entreprise qui souhaite développer ses activités
à l’international de confier une mission professionnelle
à l'étranger à un jeune (18 à 28 ans)
pendant une durée variant de 6 à 24 mois. Le VIE est
placé sous l'autorité du Ministère délégué au Commerce extérieur et bénéficie
d’un statut public. Mis
en place en 2001 dans le cadre de la réforme du service
national, le VIE est le successeur du CSNE (Coopération du
Service National à l'Etranger), forme civile du service national
qui offrait aux entreprises la possibilité de demander
l'affectation de coopérants du service national auprès de
leurs implantations à l'étranger.
Quelles entreprises sont concernées ?
Toutes
les entreprises françaises, de la petite entreprise artisanale
au grand groupe industriel, peuvent recruter un volontaire
international. Pour faciliter l'accueil du jeune, il est
préférable de posséder une structure d'accueil
permanente dans le pays concerné (filiale, succursale, bureau de
représentation, agent, distributeur, importateur, etc.). Cependant,
les petites entreprises sans implantation permanente ou n'ayant jamais
exporté ne sont pas lésées, puisqu'elles peuvent
bénéficier d'aménagements :
- Création d'un poste de VIE à temps partagé, permettant à un
groupe de PME de partager les coûts
: soit l'une des entreprises devient chef de file, soit le groupement
s'appuie sur un organisme fédérateur, une chambre
consulaire, une agence régionale de développement ou une
fédération professionnelle ;
- Portage et hébergement professionnel du VIE par un grand groupe français implanté localement, via l'association Partenariat France
: ce groupe dispose déjà de circuits logistiques sur
place, aussi le VIE peut prendre plus facilement contact avec les
professionnels locaux ;
- Portage
et hébergement professionnel du VIE par une Chambre de commerce
française à l'étranger (dans une trentaine de
pays) ;
- Parrainage du VIE par un Conseiller du Commerce Extérieur de la
France. La recherche de ce parrain doit se faire en liaison avec le CNCCEF (Comité national des conseillers du commerce extérieur) et la Mission économique de la France dans le pays concerné.
Quelles missions confier à un VIE ?
Des missions commerciales ou techniques peuvent être proposées
à un jeune volontaire :
- réalisation d’études de marché, de satisfaction,
- prospection de nouveaux marchés,
- soutien ou renforcement des équipes locales,
- participation à la création d’une structure locale,
- accompagnement d’un chantier,
- contrôle d’un réseau de distribution ou de fabrication…
A souligner : la zone d'action d'un VIE peut couvrir jusqu'à 8 pays en même temps.
Coûts et avantages du recrutement d'un VIE
Le
coût d'un VIE est plus attractif, comparé à celui
de l'embauche d'un salarié expatrié, puisque le statut
public du volontaire l'exonère de toutes charges sociales en
France. L’entreprise ne doit prendre qu'en charge :
- l'indemnité forfaitaire versée chaque mois au volontaire, qui varie
de 1 260 à 2 740 € en fonction du pays d’affectation
et du chiffre d’affaires de l’entreprise. Elle n'est pas
négociable par l'entreprise, et comporte une partie fixe de 630
€. Elle est exempte de cotisations et non imposable en France, et
n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu pour le
volontaire ;
- les frais de gestion
et de protection sociale du volontaire (100 à 360 € selon le CA de l'entreprise) ;
- les
frais de voyage aérien et de transport des bagages
(aller-retour), qui varient selon l'éloignement du pays
où s'effectuera la mission ;
- les frais de fonctionnement du bureau de l'entreprise dans le pays d'accueil pour la durée de la mission.
Pour
exemple, le coût annuel d'un VIE atteint en moyenne 20 000 €
par an sur le continent européen, 35 000 € aux Etats-Unis
et au Japon, généralement moins dans les pays
émergents d'Afrique, d'Amérique du Sud ou d'Asie.
L'ensemble des formalités de gestion administrative est pris en charge par Ubifrance,
l’Agence française pour le développement
international des entreprises. Ubifrance dispense ainsi les entreprises
des contraintes liées à un recrutement, mais respecte
également l’indépendance de l’entreprise
quant à sa gestion opérationnelle du VIE. L'entreprise
verse ainsi l'indemnité mensuelle, les coûts de protection
sociale et de transport à Ubifrance, qui se charge de les
redistribuer au volontaire.
Des aides publiques pour soutenir le coût du VIE
Ces
dispositifs d'aides publiques sont complémentaires et ne doivent
pas être négligés, puisqu'ils permettent aux
petites entreprises de supporter plus facilement le coût d'un VIE.
- Aides régionales et départementales à l'export
: ces aides, proposées par la plupart des Conseils
régionaux et certains Conseils généraux, peuvent
subventionner jusqu'à 50 % du coût du VIE, ainsi que
d'autres dépenses liées à la prospection ;
- Co-financement du VIE par les régions et les départements
: ces aides, développées par les collectivités
face à l'essor du VIE, consistent en un cofinancement explicite
du coût d'un VIE recruté par une PME.À titre d'exemple, depuis 2006, le
Conseil régional des Pays de la Loire prend en charge 100 % de
l'indemnité du volontaire pendant 12 mois. Le dispositif
proposé par le Département des Hauts-de-Seine, plus
ancien, couvre 40 % de l'indemnité et assure 3 mois et demi
d'indemnités sous la forme d'avances de trésorerie :
- Crédit d'impôt export (CIE)
: depuis le 1er janvier 2005, les entreprises peuvent déduire
grâce à ce crédit d'impôt 50 % des
dépenses occasionnées par le VIE, dans la limite de 40
000 € (80 000 € s'il s'agit d'un groupement d'entreprises).
Attention, ce crédit ne peut être demandé qu'une
seule fois par entreprise, aussi est-il judicieux de considérer
le recrutement du VIE dans le cadre d'un investissement de
développement à l'international qui soit plus global ;
- Assurance-Prospection de la Coface : le coût de la mission du VIE peut être intégré dans cette assurance.
Durée d'une mission
La
durée de la mission professionnelle à l'étranger, de 6 à 24 mois
(renouvelable dans la limite de 24 mois) est modulable en fonction des
besoins de l'entreprise.
Le temps de séjour du VIE à l’étranger est calculé au prorata temporis :
- Mission d’une durée égale à 6 mois : durée minimale de 100 jours ;
- Mission d’une durée supérieure à 6 mois : durée minimale du séjour
de :
- 17 jours pour 1 mois supplémentaire,
- 33 jours pour 2 mois supplémentaires,
- 50 jours pour 3 mois supplémentaires,
- 67 jours pour 4 mois supplémentaires,
- 83 jours pour 5 mois supplémentaires,
- 100 jours pour 6 mois supplémentaires.
Comment recruter un VIE ?
Pour recruter un VIE, l’entreprise doit suivre quatre étapes :
- Déposer
auprès d'Ubifrance une demande d’agrément validant
la capacité de l'entreprise à supporter le coût
d'un VIE, et une demande d’affectation précisant notamment
la durée, le contenu et le lieu de la mission ;
- Après
examen, Ubifrance renvoie une convention précisant les
conditions de réalisation de réalisation de la mission du
volontaire, et son coût prévisionnel ;
- La recherche du candidat s'effectue sur le site du Civi (Centre d'information sur le volontariat international).
Celui-ci propose une banque d'échanges d'annonces et de CV qui
met en relation les entreprises et les jeunes candidats ;
- Une fois le candidat trouvé, Ubifrance établit un contrat entre l’entreprise, le volontaire et l'agence.
Il
faut compter en moyenne 6 à 8 semaines entre le
dépôt du dossier et le début de la mission, mais
les délais peuvent être plus longs si les
formalités d'obtention d'un visa s'avèrent être
complexes (c'est actuellement le cas aux Etats-Unis). Pour
réduire les délais et les obstacles, Ubifrance peut
proposer un accompagnement personnalisé, voire la mise en oeuvre
de solutions "clefs en main".
Le VIE, un dispositif encore en phase de décollage ?
Les
entreprises qui recrutent un VIE sont dans l'ensemble satisfaites du
dispositif, puisque 75 % d'entre elles recrutent le volontaire à
l'issue de sa mission. Les autres avantages sont nombreux :
- Apport d'une présence locale de l'entreprise, même petite,
- Recherches plus aisées sur le marché et la clientèle locaux,
- Prospection commerciale en direct,
- Réalisation de travaux administratifs sur place,
- Création d'un tissu relationnel entre l'entreprise et le pays d'accueil du volontaire.
Cependant,
même si plus de 10 000 volontaires sont partis réaliser
une mission depuis 2001, et que plus de 5 600 volontaires
étaient en poste en décembre 2006, le dispositif VIE
reste encore sous-utilisé par les entreprises, et en particulier
les PME. Ainsi, si 63 % des entreprises recourant au VIE sont des PME,
75 % des VIE en poste sont employés par de grandes entreprises
réalisant plus de 50 M€ de CA par an. Le partage d'un seul
volontaire entre plusieurs entreprises est également une
situation marginale, puisque sur les 5 600 VIE en poste, moins d'une
centaine sont dans cette situation. Pourtant, les jeunes volontaires
ne manquent pas, puisque le site du CIVI recensait le 12
décembre 2006 pas moins de 42 000 CV de candidats à
l'expatriation... pour à peine 750 offres proposées par
les 2 500 entreprises homologuées par Ubifrance.
Le VIE en croissance de 30 % en 2005 et 2006
Après
une croissance de 30 % en 2005, le nombre de volontaires internationaux
en entreprise (VIE) s'est encore accru de 28 % en 2006, pour un total
de 4 490 VIE affectés fin 2006 auprès de 1 034
entreprises. Selon le bilan 2006 du VIE édité par Ubifrance,
"les PME envoient en moyenne près de 2 VIE à
l'étranger pour développer leurs activités
internationales", contre 12 en moyenne pour les grandes entreprises.
Pour recruter des VIE, les entreprises doivent demander un
agrément à Ubifrance, valable 5 ans, dont 2 455
entreprises bénéficiaient fin 2006 (+ 45 % en un an). Mis
en place en 2001, le Volontariat International en Entreprise (VIE)
permet à une entreprise qui souhaite développer ses
activités à l’international de confier une mission
professionnelle à l'étranger à un jeune de 18
à 28 ans pendant une durée variant de 6 à 24 mois.
Encore sous-utilisé par les petites entreprises, ce dispositif
est particulièrement avantageux pour les PME ou leurs
groupements qui souhaitent s'engager dans une démarche
exportatrice.
© Institut Supérieur des
Métiers
Observatoire des aides aux
petites entreprises et du développement économique
http://www.aides-entreprises.fr
Mise
à jour : 23 avril 2007
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