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L'agglomération : territoire de projet
Le projet d'agglomération
Le conseil de développement
Le contrat d'agglomération
Principe et mise en oeuvre
L'articulation entre pays et agglomérations
Le volet "développement économique" des agglomérations
Une finalité première des contrats d'agglomération
Le diagnostic économique du territoire, une étape essentielle
Les actions menées en faveur du développement économique
Évaluation des contrats d'agglomération
L'agglomération : territoire de projet
L'agglomération
-telle que définie par la loi n° 99-533 du 25 juin
1999 d'orientation pour
l'aménagement et le développement durable du
territoire (LOADDT, dite également "Loi Voynet") est un
territoire de projet créé en référence au
concept défini par l’Insee en 1997
(l'agglomération correspond à une "unité
urbaine" ou une "aire urbaine", c'est-à-dire une zone
bâtie regroupant des constructions séparées de
moins de 200 mètres, délimitée en respectant les
limites communales, et comprenant au moins 2 000 habitants).
L'art.
26 de la LOADDT du 25 juin 1999 en précise les conditions d'émergence : "Dans
une aire urbaine comptant au moins 50 000 habitants et dont une ou
plusieurs communes-centre compte plus de 15 000 habitants, le ou les
établissements publics de coopération intercommunale
compétents en matière d’aménagement de
l’espace et de développement économique, s’il
en existe, et les communes de l’aire urbaine qui ne sont pas
membres de ces établissements publics mais souhaitent
s’associer au projet élaborent un projet d’agglomération."
Le projet d'agglomération
Le
projet d’agglomération est un document de
référence qui définit les choix de
l’agglomération pour son développement durable
à moyen terme (15 ans). Il prend en compte l’ensemble des
enjeux économiques, sociaux, environnementaux et spatiaux de
l'agglomération, et représente l’expression des
choix politiques des collectivités qui la composent.
Si
le projet d’agglomération porte sur un
périmètre qui s’étend au-delà de
celui de la structure institutionnelle (communauté urbaine,
communauté d’agglomération ou de communes), toutes les communes ou
groupements de communes qui ont adhéré au projet et qui
s’engagent dans la contractualisation s’engagent
également à rejoindre cet Établissement
public de coopération intercommunale à Taxe
professionnelle unique avant le terme du contrat en 2006. A
défaut, elles ne pourront bénéficier de
financements dans la prochaine génération de CPER (Contrats de projet État-régions).
Dans certains domaines en effet, notamment l’économie et
l’emploi, les
transports collectifs, l’habitat, l’aire d’influence
d’un projet de
territoire peut dépasser les périmètres
institutionnels des EPCI préexistants. La question se
pose donc d’associer les espaces périurbains aux
décisions d’aménagement du
territoire dont ils conditionnent également, par leurs propres
décisions, le développement futur.
Le conseil de développement
Le conseil de développement d'agglomération, composé de représentants
du monde socio-économique et associatif oeuvrant sur le territoire, est consulté sur
l'élaboration du projet d'agglomération et peut l'être sur toute
question relative à l'aménagement et au développement de
l'agglomération.
Ce
conseil autorise l’expression de la société civile
sur les grands enjeux de développement et
d’aménagement de l’agglomération. Parfois,
des systèmes d'expression des habitants avaient déjà
été institués, tels les conseils de quartiers,
mais la création d’un conseil de développement
à l’échelle de l’agglomération permet
d'élargir le champ de cette participation.
Le contrat d'agglomération
Principe et mise en oeuvre
Une
fois le projet d’agglomération approuvé, les
différentes parties peuvent s'engager dans une démarche
de contractualisation (qui n'est pas obligatoire). Pour faire l'objet
d'un contrat :
- L’agglomération
doit être constituée en EPCI (Établissement public
de coopération intercommunale) à taxe professionnelle
unique ;
- Cet EPCI doit couvrir un territoire comprenant au minimum 50 000 habitants, dont 15 000 habitants minimum pour la ville-centre.
Les
négociations entres les différentes parties s’engagent entre les partenaires à
partir des orientations définies pour le projet d'agglomération. Elles devront "aboutir à un accord
portant sur les opérations prioritaires, leurs maîtres
d’ouvrage et leurs modalités de financement, et
prévoir les modalités de coordination, de suivi et
d’évaluation du contrat". Le contrat sera enfin conclu avec l’État et
la Région, et le cas échéant avec le Département.
Selon le projet, divers types de financement peuvent être mobilisés :
- Crédits des volets territorial et régional des CPER,
- Fonds structurels européens,
- Crédits non contractualisés de certains ministère,
- Participations d’autres partenaires publics.
L'articulation entre pays et agglomérations
Une agglomération peut être incluse dans un pays.
Le projet d'agglomération et la charte de pays pourront alors
être réunis en un seul document, ou au contraire demeurer
sous la forme de deux documents distincts qui devront être
élaborés ensemble de manière cohérente.
Subséquemment, le conseil de développement pourra
être commun au pays et à l’agglomération.
Dans
tous les cas, le contrat de pays et le contrat d'agglomération
demeurent distincts. Les parties concernées doivent alors se
lier avec une convention, qui organisera la subsidiarité et la
complémentarité des projets portés respectivement
par les contrats d'agglomération et de pays.
Le volet "développement économique" des agglomérations
Le diagnostic économique du territoire, une étape essentielle
Le
diagnostic économique du territoire (avec l'appui du processus
de concertation) va aider l'agglomération à mettre en
évidence ses potentialités et ses opportunités, et
par extension à définir son positionnement
économique. Ce positionnement va se concrétiser sous
forme d'actions qui pourront viser :
- la valorisation des
atouts économiques du territoire, en favorisant un
développement économique exogène (attraction
d'entreprises),
- la diversification des activités
économiques (en particulier si un secteur d'activité
s'avère dominant) ou leur reconversion,
- la recherche de nouveaux secteurs à haute valeur ajoutée (pour limiter les risques de délocalisation).
Une finalité première des contrats d'agglomération
Le volet économique occupe la
première place du contrat s'agissant du financement des
programmes d'actions. En effet, les actions de ces contrats visent en
priorité à conforter l'attractivité de
l'agglomération, avec l'objectif de stimuler à terme le
développement économique du territoire : réhabilitation de
friches, reconquête des centres existants, création de
zones d'activités, développement des services en faveur
des nouveaux actifs entrants, etc.
Dans les contrats
d'agglomération figurent en parallèle des mesures
destinées à améliorer l'environnement des
entreprises : réseaux de transport, accessibilité,
recherche et enseignement supérieur, ou encore réseaux de
communication. Ainsi, la thématique des technologies de
l'information et de la communication est mentionnée dans tous
les documents, même si elle fait l'objet de moyens financiers
plus réduits.
Les actions menées en faveur du développement économique
Les
actions menées en faveur du développement
économique dans le cadre des contrats d'agglomération se
répartissent généralement selon les grandes
tendances suivantes :
Actions directes visant le développement économique exogène ou endogène du territoire :
- Implantation d'entreprises
(immobilier d'entreprise, création ou aménagement de
zones d'activités, hôtels d'entreprises, etc.) : ces
actions, orientées vers un développement exogène,
représentent "entre le tiers et la moitié des
financements accordés au titre du volet économique des
contrats" ;
- Diversification du tissu économique local(politique
de filières, pôles d'excellence, aide à
la création d'entreprise, incubateurs et
pépinières...) : ces actions, orientées vers un
développement endogène, font l'objet de moyens plus
modestes, mais peuvent représenter -dans quelques contrats -
jusqu'à la moitié des financements du contrat total.
Actions indirectes visant l'amélioration de l'environnement direct des entreprises :
- Enseignement supérieur et recherche
: les financements de ces thématiques au titre du
développement économique sont plus modestes mais peuvent
là aussi faire l'objet de financements significatifs dans
certains contrats ;
- Infrastructures de transport (liaisons
TGV, autoroutes, plates-formes combinées et rail-route,
boulevard périphérique, transports collectifs urbains) :
lorsque les contrats d'agglomération ont fait de
l'accessibilité une priorité pour le développement
économique, les investissements importants dans les transports
peuvent représenter "entre le tiers et la moitié des
financements du contrat total" ;
- Réseaux numériques et TIC
(équipement et raccordement en haut-débit, études,
pôles techniques pour les entreprises...) : les moyens sont
"souvent limités, voire modestes" ;
- Organisation et mise en réseau des acteurs économiques
: fédération des acteurs publics et privés (autour
d'une thématique forte ou d'un secteur d'activité) ou,
plus rarement, actions de coopération à l'échelle
du territoire (réseaux d'entreprises, actions collectives de
promotion du territoire, etc.) ;
- Emploi et formation (extension
du PLIE - plan local pour l'insertion et l'emploi à
l'échelle de l'agglomération, mise en réseau des
services "Emploi", groupements d'employeurs, formation des
emplois-jeunes, création de formations universitaires afin de
répondre à des besoinsidentifiés d'entreprises,
etc.) : ces deux thématiques sont rarement traités dans
le même volet que le développement économique,
même s'ils peuvent s'y rattacher.
Évaluation des contrats d'agglomération
La
DIACT (Délégation interministérielle à
l'aménagement et à la compétitivité des
territoires) a confié au cabinet Acadie une mission
d'évaluation des contrats d'agglomération
présenté en avril 2006 et rendu public fin juin 2006. Ce
rapport, qui prend pour base d'évaluation les finalités
poursuivies par la loi du 25 juin 1999 lorsqu'elle a créé
les contrats d'agglomération, s'est efforcé d'analyser
les 102 contrats d'agglomération signés en France (hors
Ile-de-France, Picardie et Centre).
Parmi les principales conclusions de ce rapport, on peut relever :
- "Les
contrats
d'agglomération portent essentiellement sur des
opérations d'investissements classiques" : en matière de
développement économique, les agglomérations se
sont en majorité orientées vers des actions visant un
développement exogène, de type aide à
l'immobilier, "au détriment d'un travail de fond sur le tissu
économique local" ;
- Les engagements
financiers des contrats "sont généralement peu lisibles" ;
- L'objectif
d'optimisation de la gouvernance locale est globalement acquis,
l'étude relevant que les contrats d'agglomération ont
effectivement renforcé "la construction politique de
l'agglomération à la fois en explicitant ce qui fonde
l'intérêt partagé et en prenant acte du leadership
fonctionnel de la ville centre". Toutefois, ce renforcement ne s'est
pas forcément appuyé sur une plus value
financière, un projet détenant un véritable
caractère stratégique ou une participation de
la société civile à travers les conseils de
développement : le projet d'agglomération, "perçu
comme faiblement structurant
d'une véritable stratégie, et constituant plutôt un
cadre flou et consensuel, […] a surtout suscité une
dynamique de réflexion politique collective au sein des
exécutifs locaux" ;
- L'objectif d'accélération
de la
modernisation de l'action publique par une plus grande
territorialisation des politiques a pour sa part "échoué"
selon les rapporteurs, la majorité des contrats n'ayant pas
réussi à "nourrir
un dialogue sur la stratégie de développement de
l'agglomération", puisque l'État, la Région et le
Département, en sélectionnant et en labellisant les
projets proposés par l'agglomération,ont "maintenu une logique de guichet" ;
- Les
contrats d'agglomération n'ont pas permis de renforcer les
relations entre État et régions qui affichent des
"attitudes contrastées" car, globalement, ils n'ont pas
réussi à mettre en pratique le principe de
contractualisation unifiée. Les régions ont "fait du
contrat un outil de redistribution entre agglomérations sur la
base de critères d'équité territoriale", tandis
que les services déconcentrés de l'État n'ont pas
réussi à réaliser les arbitrages
nécessaires et ont perdu de leur crédibilité
auprès des élus locaux en raison des
irrégularités subies en termes de financement.
Le
rapport d'évaluation conclut sur l'avenir de la
contractualisation territoriale. Selon les rapporteurs, le foisonnement
des contrats - tant sur le plan thématique que territorial -
pourrait conduire la contractualisation entre l'État et les
territoires à être "multiple, en fonction des projets et
selon une logique sectorielle, par exemple autour des
compétences et prérogatives de l'État". Les
contrats d'agglomération devront ainsi relever trois
défis dans un futur proche :
- Défi
institutionnel. Les contrats d'agglomération devront assurer sur
le plan local une transition entre une "intercommunalité
politique" et une "intercommunalité de gouvernement
articulée
avec des instances de gouvernance à des échelles
élargies" ;
- Défi stratégique. Les
stratégies territoriales, encore trop "floues et consensuelles",
devront devenir plus explicites ;
- Défi contractuel. Les contrats d'agglomération devront passer d'une logique centrée sur les
investissements à une logique de contrats territoriaux "d'animation de politiques publiques".
Sources :
Entreprise, Territoire et
Développement- Le développement économique
– Une nouvelle ambition pour les agglomérations.- in : Notes de l’observatoire (Les), 01/06/04,
21p. –
En ligne sur le site ETD : http://www.projetdeterritoire.com/spip/Documents/notes_obs/dev_eco.pdf.)
DIACT (Francis AMPE), Les agglomérations.- Paris : Documentation
Française (La), 2001.- 92p.(Territoires en mouvement).
ADCF (Olivier
CREPIN), L'action économique des agglomérations françaises
- Etat des lieux en 2005.- 01/11/2005, 20p.- En ligne sur le site de l'Assemblée des communautés
de France : http://www.intercommunalites.com/la_une/documents/ADCFetudeDevEcoAGGLOS012006.pdf
© Institut
Supérieur des Métiers
Observatoire des aides aux
petites
entreprises et du développement économique
http://www.aides-entreprises.fr
Mise à jour : 18
juillet
2006
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