Que sont les zones d'activité ?
Définition et objet
Typologie Localisation
État des lieux
Des opérations d’aménagement réglementées
Une intégration progressive des problématiques
de développement durable
Que sont les zones d'activité ?
Définition et objet
Les zones d’activités sont des espaces aménagés par
les collectivités locales, en vue d’être commercialisés
à des entreprises pour l’exercice de leurs activités économiques.
Ces sites d’accueil ont pour objectif de renforcer et de structurer le tissu
local économique grâce à une offre foncière et
immobilière adaptée.
Outre les terrains, cette offre comporte selon les cas des bureaux, des
centres d’affaires, des bâtiments industriels, des entrepôts…
Elle est généralement complétée par des équipements
en VRD, ainsi que divers aménagements (aires de stationnement, signalétique
interne, espaces verts...). Des services sont également parfois proposés aux professionnels,
dans le cadre d’ateliers relais, de pépinières et d’hôtels
d’entreprises, ainsi que par des prestations collectives comme la collecte
des déchets, le gardiennage, un service de restauration, des transports
collectifs, des crèches, etc.
Typologie
Les premières zones industrielles sont apparues après la
Seconde Guerre Mondiale, sous l’impulsion des collectivités locales
et avec l’aide de l’Etat, en réponse à une industrialisation
croissante. A partir des années 70, pour répondre aux besoins des
mutations structurelles de l’économie (notamment la tertiarisation),
les collectivités locales ont diversifié leur offre foncière
par la création et l’aménagement de zones d’activités
aux vocations fonctionnelles différentes, parmi lesquelles on distingue
:
- zones artisanales (ZA),
- zones commerciales qui sont généralement dédiées
à l’accueil des grandes surfaces (ZAC),
- zones industrielles (ZI),
- zones logistiques qui sont des sites de stockage et de distribution
des produits desservies le plus fréquemment par plusieurs modes
de transport (plate-forme multimodale, plate-forme logistique…),
- zones d’activités de services,
- zones mixtes qui accueillent des activités industrielles,
des entreprises logistiques, des activités technologiques,
- zones portuaires et aéroportuaires,
- zones d’activités technologiques,
- zones spécialisées qui hébergent des activités
industrielles spécifiques,
- les technopôles, qui sont des terrains dits de "fertilisation
croisée" où se concentrent entreprises, centres de
recherche, et universités.
L'affectation sectorielle des zones d’activités est toutefois
plus complexe dans la réalité, plusieurs vocations fonctionnelles
se combinant en général sur ces sites.
Localisation
L’implantation des entreprises et la localisation des zones d’activités
sont intrinsèquement liées, formalisant le point de rencontre
entre la décision d’une entreprise et la stratégie d’une
collectivité. La majorité des zones d’activités se caractérisent
par une localisation en périphérie des villes, où
elles bénéficient d'une desserte importante, présentant
ainsi un profil particulièrement adapté aux activités
industrielles et logistiques. A contrario, les zones d’activités à vocation essentiellement
tertiaire ou artisanale sont intégrées préférentiellement
dans le tissu urbain ou en bordure de celui-ci.
État des lieux La seule estimation
existante sur le nombre de zones industrielles et parcs d’activités en
France émane du MEDAD qui les chiffre à 24 000 (soit plus de 10% du
territoire français en surface) réparties sur plus de 12 000 communes.
Ce chiffre pourrait en réalité osciller entre 24 000 et 32 000 (Source
: Grenelle
de l'environnement : fiche de proposition pour la Création
d’un observatoire national des parcs d’activités, association Orée, 2008).
Cette offre foncière le plus souvent diffuse et abondante se caractérise
pourtant par une faible différenciation entre zones d’activités.
La compétitivité des zones d’activités repose donc
sur la création de valeur ajoutée, leur développement
et leur pérennisation nécessitant une réflexion stratégique
et prospective de la part des collectivités. Ces dernières
tendent actuellement à se positionner sur un marché de qualité
de services et d’accueil, en réponse aux attentes de plus en plus
fortes des entreprises en terme de services et de qualité du cadre
de travail.
Des opérations d’aménagement
réglementées
Les zones d’activités sont considérées d’un point
de vue réglementaire comme des opérations d’aménagement
et doivent s’inscrire dans deux types de procédures réglementées
: les zones d’aménagement concertée ou le lotissement.
Au titre des opérations d’aménagement, les collectivités
doivent respecter une méthodologie d’intervention, qui se décompose
en trois phases successives :
- constitution de réserves foncières,
- choix d’un opérateur public ou privé qui réalisera
l’opération d’aménagement,
- établissement d’un contrat d’aménagement, qui
permet à l’aménageur d’acquérir des terrains, de
les aménager et de les commercialiser.
La collectivité doit ensuite faire le choix entre les deux types
de procédures d’aménagement strictement réglementées
que sont :
- la zone d’aménagement concertée : "procédure
publique qui permet à des personnes publiques de réaliser
ou faire réaliser l’aménagement de terrains en vue de les
céder ou de les concéder ultérieurement à des
utilisateurs publics ou privés" (Michel JALLAS : Créer, aménager, promouvoir une zone d’activités ; Paris : ETD, 2001)
;
- le lotissement : procédure privée même si elle
peut être réalisée par une collectivité qui
permet par une division foncière la mise à disposition de
terrains viabilisés à des constructeurs en général
individuels.
Les opérations de création, d’aménagement et de
gestion des zones d’activités peuvent être conduites dans
le cadre d’une coopération intercommunale, par un Etablissement
Public de Coopération Intercommunale (EPIC) auquel les communes
membres ont délégué cette compétence. Les
zones d’activités d’intérêt communautaire en tant
que projet de territoire "partagé" contribuent ainsi à la
rationalisation de l’offre foncière.
Une intégration progressive des problématiques
de développement durable
De plus en plus de collectivités font le choix de la logique de développement
durable, en tant que fer de lance d’une politique intégrée
et valorisante du territoire et des zones d’activités, par la mise
en œuvre d’outils tels que les bâtiments HQE (Haute Qualité
Environnementale), les chartes de qualité environnementale, et la
certification ISO 14001.
- La démarche HQE est une démarche de gestion de projet
qui vise à limiter les impacts d'une opération de construction
ou de réhabilitation sur l'environnement, notamment par le choix
des matériaux de construction, et par la prise en compte de la globalité
des phases du cycle de vie du bâtiment (gestion, maintenance, destruction).
- La Haute Qualité Environnementale des bâtiments assure
en particulier une relation harmonieuse des bâtiments avec leur environnement
et une intégration possible aux zones d’habitat tout en respectant
et en valorisant l’image du territoire.
- La démarche HQE peut être complétée par
des chartes de qualité environnementale, issues de la concertation
de l’ensemble des acteurs (gestionnaires des zones d’activités et
entreprises), et qui structurent un partenariat local autour du management
environnemental des zones d’activités en fixant les objectifs et
les plans d’actions de la politique environnementale décidée.
Ces chartes de qualité environnementale peuvent constituer les premières
étapes d’une démarche de certification ISO 14001 basée
sur la mise en place d’un système de management environnemental.
La certification ISO 14001 permet alors l'intégration des préoccupations
environnementales en initiant une dynamique fondée sur les évaluations
et l’amélioration continues des résultats en matière
d’environnement.
Selon
l'association Orée, "seule une quinzaine de zones sont
certifiées ISO 14001 et seulement 50 à 100 zones sont
engagées dans des démarches de progrès, aux
ambitions très variables". Si la certification ISO 14001 des
zones d’activités est encore peu répandue en
France, les zones d’activités intègrant les
principes de la qualité environnementale suscitent un
intérêt croissant de la part des entreprises. Ces
dernières induisent en effet des économies
d’échelles, notamment par la mise en place de
système de gestion des consommations énergétiques
et des déchets, et la possibilité d’une
valorisation de l’image de l’entreprise.
L’environnement devient un intérêt partagé
qui donne lieu à de nouvelles dynamiques (concertation,
démarche partenariale) tant dans la conception que dans
l’utilisation des zones d’activités.
© Institut
Supérieur des MétiersObservatoire
des aides aux entreprises et du développement
économiquehttp://www.aides-entreprises.frMise
à jour : 9 mars 2009
|
| |
|