
Contrats urbains de cohésion sociale (CUCS) |
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Contrats urbains de cohésion sociale 2007-2009 Genèse et définition
Modalités d'élaboration Thématiques prioritaires Modalités d'évaluation et de reconduction
490 CUCS signés à la fin du premier trimestre 2007
Contrats de ville 2000-2006
Définition et objectifs
Thématiques développées
Volet "Développement économique, insertion et emploi"
Bilan des contrats de ville 2000-2006
| Contrats urbains de cohésion sociale 2007-2009
Genèse et définition Les Contrats urbains de cohésion sociale (CUCS) sont les successeurs des contrats de ville de la période 2000-2006, mais "fortement rénovés, afin
d'être plus simples et plus lisibles". Le
12
juillet 2005, le ministère délégué à
la Ville a confirmé que les contrats de ville seraient maintenus
après 2006 en suivant les
préconisations du rapport d'information "Contrats de
ville : rénover et simplifier", remis par le sénateur
Pierre André. Le 9 mars 2006, le Comité
interministériel à
la Ville (CIV) s'est penché sur
la réforme des contrats de ville, cinq ans après la tenue
du précédent
CIV, en 2001. |
La simplification des contrats de ville a donné lieu à la
mise en place d'une série de mesures qui
bénéficieront à cette nouvelle
génération. Il a été décidé de
rebaptiser la prochaine génération en
"contrats urbains de cohésion sociale" (CUCS) et de le
réformer en profondeur, en vue de simplifier ses contenus, sa
mise en oeuvre, et d'améliorer ses modes d'évaluation.
Le 24
mai 2006, le ministère délégué
à la
Cohésion sociale et à la Parité a
transmis aux préfets de région une circulaire relative
à l'élaboration des futurs contrats urbains de
cohésion sociale. Elle fixe les objets et la
géographie d'intervention des contrats, précise
les conditions d'élaboration et de définition du
projet urbain de cohésion sociale et rappelle les
orientations prioritaires de l'État. Cette circulaire
définit également les CUCS comme "le cadre de mise en
oeuvre du projet de
développement social et urbain en faveur des habitants de
quartiers en
difficulté reconnus comme prioritaires".
Modalités d'élaboration Dans
la circulaire du 24 mai 2006, peu de consignes sont données
concernant le volet du développement économique. En voici
toutefois les principales modalités d'élaboration :
- Élaboration du contrat par les maires et/ou les
présidents d'intercommunalités (communautés
d'agglomération
en particulier) ;
- Pilotage stratégique en binôme entre le préfet de département et le maire et/ou
le président de l'intercommunalité. Ces deux derniers
bénéficient ainsi d'un interlocuteur unique au sein des
services de l'État ;
- Association des départements (au titre de
l'action sociale) et des régions (au titre de la
formation et du développement économique) ;
- Coordination des CUCS avec les contrats de projet État-régions (CPER),
assurée par le préfet de région. Le volet
territorial des CPER pourra ainsi compléter l'enveloppe
attribuée aux CUCS ;
- Financement des actions selon un cadre pluriannuel et non plus annuel ;
- Simplification des procédures d'attribution des
subventions, grâce à la création d'une Agence
nationale pour la
cohésion sociale et l'égalité des chances (ANCSEC),
qui accompagnera les actions relevant de la politique de la
ville en signant des conventions pluriannuelles avec les communes. Son
budget, qui s'élèvera à 500 M€ par an
destinés à financer les projets, se basera sur le FIV
(Fonds interministériel d'intervention pour la ville) et les
moyens du Fasild (Fonds d'action et de soutien pour
l'intégration et la lutte contre les discriminations) ;
- Mise en relation des contrats urbains de cohésion sociale
avec les projets de rénovation urbaine (relevant de l'ANRU,
Agence nationale de rénovation urbaine) ;
- Reconnaissance du rôle des associations au niveau local,
ainsi que des acteurs de terrain dans leurs missions auprès de
la population locale (maisons de l'emploi, missions locales, PLIE...) pour la mise en oeuvre des contrats ;
- Renforcement de la formation des professionnels de l'État et des
collectivités locales afin d'améliorer leur
reconnaissance ;
- Désignation de 6 préfets
délégués à l'égalité des
chances et élargissement des missions des sous-préfets
ville ;
- Appui
de la délégation interministérielle à la
ville (DIV) dans la mise en place des CUCS, via des réunions
interrégionales.
Thématiques prioritaires
Les CUCS représentent, à l'instar des contrats de ville, "le cadre contractuel unique pour
la mise en oeuvre des interventions de l'État en faveur des territoires
les plus en difficulté". Leur contenu est défini selon
un "programme d'actions" resserrées autour de 5 objectifs
prioritaires :
- l'accès à l'emploi et le développement économique,
- l'amélioration de l'habitat et du cadre de vie,
- la réussite éducative et l'égalité des chances,
- la citoyenneté et la prévention de la délinquance,
- l'accès à la santé.
Modalités d'évaluation et de reconduction
Les CUCS sont "signés pour 3 ans entre l'État et les communes"
urbaines
concernées, à compter du 1er janvier 2007. La courte
durée de vie de cette nouvelle génération
s'explique par la
volonté gouvernementale d'évaluer de façon plus
rigoureuse cette
contractualisation. L'évaluation des CUCS sera
réalisée par l'Agence nationale pour la
cohésion sociale et l'égalité des chances, en s'appuyant sur l'Observatoire
national des zones urbaines sensibles (ONZUS). Cette évaluation se
basera sur les "objectifs précis et directement
évaluables" qui auront été définis dans les
programmes d'actions pluriannuels. Si cette évaluation est
positive,
il sera possible de reconduire la contractualisation entre l'État et la
(ou les) collectivité(s). La Délégation interministérielle à la Ville a diffusé la version finale du Guide d'évaluation des CUCS en août 2007.
490 CUCS signés à la fin du premier trimestre 2007 Les projets de CUCS
définis par le préfet de département, le maire
et/ou le président de l'EPCI ont été transmis le 31 octobre
2006 au préfet de région, chargé "d'examiner la
cohérence financière du dispositif", en vue de la
signature définitive des contrats entre le 15 décembre
2006 et le 15 janvier 2007. Au
total, 490 contrats urbains de cohésion sociale (CUCS) ont
été signés de décembre 2006 à fin
mars 2007.
Dotés d'une enveloppe globale de près de 400
M€ en 2007, ils concerneront au total 2 200 quartiers, "une
évolution importante au regard des quartiers
ciblés par les précédents contrats de
ville (environ 1 500 dont 751 ZUS)", selon la DIV. Il est à
noter que 364 de ces CUCS
prennent le relais de 247 précédents contrats de
ville. La DIV a également établi une carte nationale et des
cartes régionales des CUCS.
Les contrats de ville 2000-2006
Définition et objectifs
Le contrat de ville, conclu entre l'État et les
collectivités territoriales jusqu'en 2006, engage ses signataires
à mettre en œuvre des actions concertées
destinées "à améliorer la vie quotidienne des
habitants dans les quartiers et territoires urbains connaissant des
difficultés (chômage, violence, logement...)" et "à
prévenir les risques d'exclusion sociale et urbaine" (Source
: Ministère délégué à
la Ville). S'il
ne
concerne que les communes qui présentent de telles
difficultés
et qui souhaitent s'engager avec l'État pour les
résoudre, le
contrat
de ville peut être signé aussi bien par des
agglomérations que des par des villes
petites et moyennes. C'est pour cette raison que le maire occupe une
place centrale dans la volonté de mettre en place puis en oeuvre
un contrat de ville.
Les 247 contrats de ville de la génération 2000-2006 se
sont calqués sur la durée des contrats de plan
État-régions (7 ans). Ils ont été
conçus
comme "l'outil unique de la politique de la ville", contrairement
aux années précédentes "où plusieurs
procédures contractuelles cohabitaient". Au total, "plus de 1
300 quartiers et 6 millions d'habitants" bénéficient des
actions menées dans le cadre des contrats de ville.
Thématiques développées
Ces actions sont orientées sur une base de quatre
thématiques, dont trois opérationnelles et la
dernière, purement institutionnelle :
- Education,
- Prévention et Sécurité,
- Développement économique, insertion et emploi,
- Pilotage et intercommunalité.
Les actions réalisées dans le cadre de ces
thématiques "peuvent être mises en œuvre au sein des
quartiers eux-mêmes (réhabilitation de logements,
entretien d'espaces publics...) ou à l'échelle de la
commune ou de plusieurs communes associées dans le contrat de
ville (insertion et emploi, prévention et
sécurité)" (DIV, Délégation interministérielle à la Ville).
Thématique "Développement économique, insertion et emploi"
Sur le plan du développement économique, l'accent est
surtout porté, dans le cadre des contrats de ville, sur
l'insertion et l'accès à l'emploi des publics en
difficulté, "en assurant une plus forte et meilleure
mobilisation des acteurs et des moyens autour d'objectifs qui tiennent
compte de leurs besoins spécifiques" (CDRSU, Centre de
ressources et d'échanges pour le développement social et
urbain).
Pour mettre en oeuvre ce volet, les acteurs locaux se concertent dans
le but de mettre en place des plans d'actions dans les
différents quartiers concernés :
- Réflexion collective des acteurs locaux visant "à
identifier les freins et obstacles à l'insertion et à
l'emploi" ;
- Développement de nouveaux modes d'actions, à partir
des analyses généralement convergentes des
différents acteurs : amélioration de la
qualité de l'accompagnement, maillage plus fin des
réseaux d'acteurs, lutte contre les discriminations, adaptation
des aides et des modes d'intervention aux besoins des demandeurs
d'emploi.
Ces actions peuvent s'appuyer sur :
- La remise à niveau des individus : réduction des handicaps des individus dans le cadre d'une recherche d'emploi ;
- La remise à niveau du territoire
: interventions visant à combler les déficits des
quartiers prioritaires. Elles peuvent être de deux types :
- Renforcement de la présence du service public de l'emploi,
par exemple par le regroupement des acteurs associatifs dans un seul
local. On notera que ce type d'initiative a préfiguré la
mise en place des actuelles maisons de l'emploi ;
- Promotion du développement économique et de la création d'emploi :
- Développement exogène : actions de soutien
à l'installation de petites entreprises et d'artisans,
consistant à créer de nouveaux locaux d'activité
ou à requalifier ou sécuriser des équipements
commerciaux ;
- Développement endogène : actions de soutien des
initiatives économiques des habitants du quartier, consistant
à leur attribuer un accompagnement personnalisé et des
financements ;
- Développement d'un tiers secteur économique, essentiellement le secteur des entreprises d'insertion.
- L'amélioration de l'accès des individus aux ressources du territoire
: ces actions visent à lever les freins à l'embauche
rencontrés par des publics spécifiques : sensibilisation
des entreprises locales aux discriminations, aides à la
mobilité, tarifications réduites dans les transports
collectifs, amélioration de la desserte des zones
d'activité, etc.
- Des interventions hybrides : l'action la plus connue de cette sous-thématique est la mise en place des PLIE (Plans d'insertion pour l'emploi).
Bilan des contrats de ville 2000-2006
Les 247 contrats de ville ont mobilisé 2,4 Mds € de fonds
publics depuis l'année 2000. Ils ont été
l'objet de critiques vives lors de leur évaluation, en raison
notamment de leur complexité et du manque de visibilité
de leurs actions :
- La Délégation interministérielle
à la Ville (DIV) a publié en avril 2005 la
synthèse des évaluations réalisées sur les
contrats de ville à mi-parcours
de leur avancement. Les évaluateurs ont constaté que dans
la quasi totalité des contrats de ville, la thématique du
développement économique est considérée
comme prioritaire, mais "qu'elle a eu du mal à se
concrétiser" car "de nombreuses actions prévues dans les
conventions-cadre n'ont pas été réalisées".
Pis, les actions effectivement mises en place s'avèrent relever
davantage "de l'insertion professionnelle ou de l'insertion sociale".
Ce décalage entre intentions et réalisations ne signifie
pas pour autant que la thématique du développement
économique a été oubliée : "dans de
nombreux cas, sa mise en œuvre s'est simplement
opérée dans d'autres dispositifs : plans locaux pour
l'insertion et l'emploi (PLIE), contrat
d'agglomération, etc.", expliquent les évaluateurs. Il
n'en reste pas moins que cette thématique demeure "le parent
pauvre" des contrats de ville. Les nombreuses préconisations qui
suivent ces évaluations invitent les élus à
recentrer leurs actions et à améliorer à l'avenir
la coordination avec les acteurs de l'emploi et du développement
économique.
- Le 15 juin 2005, le sénateur Pierre André a
déposé un rapport
d'information "assez critique" au titre évocateur : "Contrats de
ville : rénover et simplifier". Après avoir effectué un bilan "en demi-teinte", le
sénateur propose un nouveau cadre contractuel "simplifié
et clarifié entre la ville et l'État", dont s'est inspiré
le gouvernement pour mettre en place la nouvelle
génération de contrats de ville.
© Institut
Supérieur des MétiersObservatoire
des aides aux entreprises et du développement
économiquehttp://www.aides-entreprises.frMise
à jour : 15 janvier 2010
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