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Pays et contrats de pays

Définition et rôle

Les pays au 1er janvier 2008

Evolution de la notion de pays depuis 1995

Contenu économique des projets et des contrats de territoires

La mise en place des contrats de pays : de la naissance à la reconnaissance
       Naissance du projet de territoire
       Organisation juridique du pays
       Constitution du conseil de développement
       Élaboration et approbation d'une charte
       Approbation de la charte et du périmètre des pays
       Signature d'un contrat de pays



Définition et rôle

La politique de pays vise à fédérer, autour d'un projet commun de développement, des communes ou des groupements de communes présentant de fortes interdépendances en matière d'emploi et d'utilisation des équipements et services :
"Ni échelon administratif, ni collectivité territoriale, le pays est un territoire présentant une cohésion géographique, culturelle, économique et sociale dont les communes qui le composent élaborent un projet commun de développement, à l'échelle d'un bassin de vie ou d'emplois. Le projet d'un pays peut donner lieu à un contrat avec l'État et la région dans le cadre du volet territorial des contrats de plan État-Région. Les pays constituent un cadre privilégié de mise en œuvre des schémas de services collectifs, notamment en matière de service de proximité."
(Source : ETD, 2003.)

Les pays sont donc des territoires de projets. Ils n’ont pas de compétences propres, mais assurent une mission d'impulsion et de coordination des initiatives locales, d’animation du territoire, pour en garantir la cohésion et le développement économique et social.
"Grâce à l’élaboration d’un projet commun de développement durable, fondé sur un diagnostic du territoire, une vision prospective et des orientations stratégiques, la constitution d’un pays permet aux acteurs locaux de prendre en main le devenir de leur propre territoire. Par le caractère transversal de leur projet de développement, les pays contribuent à décloisonner l’action publique, et facilitent, à l’échelle de leur territoire, la mise en cohérence des politiques des différents partenaires que sont l’État, la Région et le Département." (Source : Guide méthodologique pour la mise en oeuvre des pays, Nicolas Jacquet, DIACT, 2004.)


Les pays au 1er janvier 2008

Nombre de pays reconnusNombre de pays en projet
1er janvier 200834526
1er janvier 200635231
1er janvier 200525139
1er janvier 200399
1er janvier 200111

Les pays font montre d'une très grande diversité, tant au niveau du nombre de communes qui s'y rattachent (de 7 pour la Vésubie à 255 pour l'Artois) qu'au niveau de la superficie (85 km² pour l'Île de Ré ; 4 459 km² pour les Landes de Gascogne). La démographie est également très variable entre les pays, le nombre d'habitants qu'ils regroupent allant de 5 000 à 420 000 habitants. En 2006, 44 % de la population en métropole vit dans un pays, 74 % des communes de métropole appartiennent à un pays et 76 % de la superficie du territoire métropolitain appartient à un pays.

De même, l'implantation des pays sur le territoire national est très hétérogène : si la totalité des communes de Bretagne et du Limousin appartiennent à un pays reconnu, d'autres régions sont peu ou pas concernées par les démarches de pays, du fait souvent de leurs particularités culturelles ou géographiques (en 2005, seules 0,2 % des communes d'Île-de-France étaient inclues dans une telle démarche). Enfin, une dizaine de pays rassemblent des communes issues de plusieurs régions.

Au 1er janvier 2008, seuls 34 pays (soit 9 %) n'ont pas créé de structure juridique. Les 337 pays s'appuyant sur une structure porteuse se répartissent comme suit :

Pays constitués en structure juridique publique223
dont Syndicats d'économie mixte (SEM)177
        dont syndicats d'économie mixte fermés118
        dont autres syndicats d'économie mixtes59
dont pays portés par un EPCI à fiscalité propre ou une fédération d'EPCI29
dont pays portés par un GIP (Groupement d'intérêt public) Aménagement du territoire17
Pays constitués en structure associative114

(Source des données : "Etat des lieux des pays au 1er janvier 2008", ETD.)


Evolution de la notion de pays depuis 1995

La notion de pays a été introduite dans la loi en 1995. Depuis cette date, trois textes de lois ont successivement défini et précisé leurs modalités d'organisation, conduisant à la montée en puissance progressive de ce nouveau maillage territorial  :
  • Loi Pasqua :  la loi du 4 février 1995 d'Orientation pour l'Aménagement et le Développement du Territoire (LOADT), dite "loi Pasqua", introduit dans la loi la notion de pays en donnant une définition à des entités jusqu'ici très hétérogènes et sans statut juridique. Les dispositions légales de cette loi permettent d'expérimenter la démarche et provoquent le lancement de nombreuses initiatives. Limités financièrement au bon vouloir des collectivités régionales et départementales, les projets restent cependant localisés pour l'essentiel dans le quart nord-ouest du pays.
  • Loi Voynet : la Loi du 25 juin 1999 d'Orientation pour l'Aménagement et le Développement Durable du Territoire (LOADDT), dite "loi Voynet", relance la dynamique de création des pays en leur permettant de souscrire un contrat particulier, dans le cadre des contrats de plan Etat-région, et donc de trouver des financements. La loi précise également les modalités d'organisation des pays : le rôle du pays est redéfini, de même que son échelle (celle d'un bassin d'emploi). La procédure d'élaboration des projets est par ailleurs détaillée : reconnaissance préalable d'un périmètre d'étude, création d'un conseil de développement, élaboration d'une charte, approbation du périmètre définitif puis contractualisation.
  • Loi Urbanisme et habitat :  le titre V de la Loi du 2 juillet 2003 Urbanisme et habitat assouplit et simplifie les procédures de constitution édictées par la loi Voynet : l'étape du périmètre d'étude est supprimée ainsi que l'obligation de structuration juridique des pays (le contrat de pays peut désormais être signé directement par les communes et les EPCI composant le pays). Ces simplifications apportées permettent de redynamiser le mouvement d'organisation des pays.


Contenu économique des projets et des contrats de pays

Le développement économique occupe une place importante dans les contrats de pays. Les actions proposées dans ce domaine se regroupent en 7 grandes catégories (source : ETD, 2003) :
  1. favoriser l'implantation d'entreprises (aménagement de zones d'activité, marketing territorial…) ;
  2. inciter la création d'entreprises (pépinières, financement de proximité, actions de sensibilisation et d'accompagnement) ;
  3. faciliter la transmission et la reprise d'entreprises ;
  4. structurer le développement économique autour de pôles ou filières ;
  5. renforcer l'employabilité de la main d'œuvre locale (adaptation de la formation, traitement du chômage, développement de l'emploi partagé…) ;
  6. mettre en réseau les acteurs (publics et/ou privés) du développement économique ;
  7. améliorer l'environnement général des entreprises (dessertes routières, téléphonie, collecte de déchets, garde d'enfants…)


La mise en place des contrats de pays : de la naissance à la reconnaissance

Naissance du projet de territoire
L'initiative de constitution d'un pays revient aux intercommunalités et aux communes composant le territoire. La loi n'impose aucune procédure formelle, même s'il paraît souhaitable que des délibérations soient votées au sein des EPCI à fiscalité propre et des communes isolées concernées.

Organisation juridique du pays
Il n'existe pas d'obligation légale de structuration juridique des pays, qui peuvent donc être copilotés de façon informelle par l'ensemble des intercommunalités et des communes isolées qui les composent. En cas de structuration juridique, les différentes structures porteuses peuvent être un EPCI à fiscalité propre si son périmètre correspond à celui du pays, un syndicat mixte, une association, ou un groupement d'intérêt public de développement local préexistant à la Loi Urbanisme et Habitat.

Constitution du conseil de développement
Les pays ont par contre l'obligation de créer un conseil de développement, composé notamment de "représentants des milieux économiques, sociaux, culturels et associatifs" du pays. Le conseil de développement s'organise librement, souvent sous forme d'une association ;  il peut aussi se constituer en personne morale s'il souhaite disposer de ses propres moyens de fonctionnement.
Selon les dispositions légales, "le conseil de développement est associé à l'élaboration de la charte de développement du pays et à son suivi". D'autres missions peuvent cependant lui être confiées par les élus du pays : conduite de travaux de réflexion par saisine ou auto-saisine, participation au repérage et à l'instruction de projets, évaluation des actions, information sur le pays...

Élaboration et approbation d'une charte

Pour qu'un pays puisse être constitué, la loi impose l'élaboration d'un "projet commun de développement durable" associant les élus locaux, le conseil de développement et les principaux partenaires du pays (l'État, la Région, et le Département).
Cette phase d'étude et de concertation doit permettre de définir une vision prospective et partagée du territoire. La réflexion doit être globale et couvrir l’ensemble des dimensions économique, sociale, culturelle, environnementale du développement. Une attention particulière doit être donnée au développement des liens et des complémentarités entre les composantes urbaines et rurales du territoire, et à l'organisation des services à la population.
Ce projet commun comprend habituellement un diagnostic prospectif du territoire et un programme de développement stratégique. Formalisé sous la forme d'une "charte de développement du pays", il doit être approuvé par "les communes ou les EPCI à fiscalité propre du territoire concerné". La charte n'a pas de valeur juridique, mais elle permet de formaliser l'engagement politique des collectivités locales sur un certain nombre d'orientations. Elle sert également de base à la négociation des contrats de pays.

Approbation de la charte et du périmètre des pays
Après approbation par les élus du pays, la charte est transmise, en même temps que la demande de reconnaissance du pays, au préfet de région, qui la transmet pour avis au(x) conseil(s) général(aux) et régional(aux) concernés. En cas de non-réponse au bout de trois mois, leur avis est réputé favorable.
Le périmètre des pays correspondra à l'ensemble des EPCI à fiscalité propre et des communes isolées ayant approuvé la charte de développement (ce périmètre doit impérativement respecter les limites des EPCI à fiscalité propre).

Signature d'un contrat de pays
Les contrats de pays traduisent en termes opérationnels les orientations stratégiques déterminées dans la charte de développement. Conclus en application du volet territorial des contrats de plan État-région, ils comportent un programme pluriannuel d'actions élaboré en concertation avec les financeurs, le plus souvent l'État, les Régions et les Départements intéressés, ainsi que l'Union Européenne.
Le mouvement de contractualisation des pays s'est fortement accéléré en 2005, car la date limite de signature des contrats de pays était fixée au 30 juin 2005. Le nombre de contrats signés est ainsi passé de 167 au 1er janvier 2005 à 346 un an plus tard. Ces contrats se répartissent en 2006 en :
  • 245 contrats Etat-Région-territoires,
  • 43 contrats Etat-territoires,
  • 58 contrats Région-territoires.



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Mise à jour : 9 novembre 2009

 
 

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